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Comment Gérald Darmanin justifie le « deux poids deux mesures » qui lui est reproché pour les agriculteurs

Comment Gérald Darmanin justifie le « deux poids deux mesures » qui lui est reproché pour les agriculteurs
Comment Gérald Darmanin justifie le « deux poids deux mesures » qui lui est reproché pour les agriculteurs

POLITIQUE - Inégalités de traitement entre les manifestants ? Ce mercredi 31 janvier, alors que la mobilisation des agriculteurs se poursuit avec Paris et les grandes villes dans le viseur, le ministre de l’Intérieur a justifié la réponse policière apportée à ce stade, alors que certains dénoncent un « deux poids deux mesures » par rapport à d’autres mouvements sociaux.

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« J’entends la question des deux poids deux mesures », a déclaré sur France 2 Gérald Darmanin. « Je me refuse d’envoyer des CRS sur des gens qui travaillent. Il est hors de question de considérer des gens qui travaillent de la même façon que des délinquants », assume-t-il.

Le sentiment d’un « deux poids deux mesures » a notamment émergé chez les militants écologistes, alors que les souvenirs des mobilisations de Sainte-Soline, fortement réprimées par les forces de l’ordre sont encore frais. Mais pour Gérald Darmanin, les situations ne sont pas comparables et il a justement évoqué l’exemple des Deux-Sèvres pour le souligner.

« La manifestation, c’est un cadre constitutionnel. Vous ne m’avez pas posé la question (d’un deux poids deux mesures) lorsqu’il y avait à Sainte-Soline des gens qui ont bloqué tout un département comme celui des Deux-Sèvres. (...) Moi je constate que ceux qui travaillent dur, qui ne s’en prennent pas aux forces de l’ordre, qui respectent le bien public, ils ont le droit de manifester comme les autres », assume-t-il.

Rungis, Paris et aéroports en ligne rouge

Quelques instants plus tard sur franceinfo, le ministre de la Justice a tenu le même discours, estimant qu’au-delà de la destruction d’un bâtiment de la direction régionale de l’environnement à Carcassonne qu’il a condamnée, « pour le reste, reconnaissons que l’immense majorité des agriculteurs sont des gens responsables ».

L’exécutif marche sur des œufs avec les agriculteurs, à quelques mois des élections européennes et alors que le Rassemblement national laboure aussi les terres. De premières annonces en direct d’une exploitation le 26 janvier n’ont pas permis de débloquer la situation et le Premier ministre Gabriel Attal en a promis de nouvelles lors de sa déclaration de politique générale le 30.

Malgré cette prudence et tout en insistant sur les « protestations légitimes » du secteur, Gérald Darmanin a néanmoins rappelé les quelques « lignes rouges » du gouvernement : ne pas bloquer Paris et les grandes métropoles, le marché de Rungis et les aéroports. « Pour l’instant, (...) ils respectent les règles et ne s’en prennent pas aux forces de l’ordre. S’ils devaient le faire, je répète, nous ne laisserions pas faire », assure le ministre de l’Intérieur, balayant à ce stade toute évacuation des axes routiers bloqués.

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