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Pour généraliser le SNU, le gouvernement pense à deux semaines de stage en seconde

Des jeunes volontaires du SNU regardent un film à Saint-Sauveur, dans l’Est de la France, le 24 juin 2019.
Des jeunes volontaires du SNU regardent un film à Saint-Sauveur, dans l’Est de la France, le 24 juin 2019.

POLITIQUE - Un séjour de 12 jours en uniforme, sur le temps scolaire. Voilà ce qui pourrait attendre certains élèves de seconde dès la prochaine rentrée scolaire. D’après Politis et franceinfo, c’est la nouvelle expérimentation qui a été décidée par le gouvernement dans le cadre de la généralisation de son Service national universel (SNU).

Concrètement, dès la rentrée prochaine, enseignants de seconde et directeurs d’établissements pourront se porter candidate pour faire participer leurs élèves à des « séjours de cohésion ». D’une durée de 12 jours, ils seront mis en place sur le temps scolaire, et qui viendront s’ajouter au dispositif existant, qui repose sur le volontariat des jeunes Français âgés de 15 à 17 ans.

Le SNU s’invite au lycée

Selon les informations de Politis, le gouvernement pourrait d’ailleurs remettre en cause la possibilité de laisser le choix aux élèves de participer ou non, tout en récompensant sur Parcoursup ceux qui répondraient par l’affirmative. Côté enseignants, leur participation au projet serait elle aussi récompensée, cette fois par une augmentation de leur rémunération prévue dans le cadre du « Pacte », présenté par Emmanuel Macron en avril dernier.

Dans une interview donnée à franceinfo, la secrétaire générale adjointe du syndicat SNES-FSU Sophie Vénétitay, estime qu’intégrer le SNU au pacte enseignant, était une forme « d’instrumentalisation » et de « cynisme ». Et cela en dénonçant l’idée d’un SNU sur le temps scolaire. « Il faut mettre des moyens dans l’école, donner des perspectives d’avenir à la jeunesse, plutôt que d’essayer de la formater dans le SNU », a-t-elle réagi.

Une nouvelle étape vers son obligation ?

Ce nouveau dispositif arrive après plusieurs mois de flou autour de l’avenir du SNU, en particulier concernant le potentiel caractère obligatoire de ces séjours.

Le président de la République avait déjà affiché cette ambition pendant la campagne présidentielle de 2017, mais aussi plus récemment, lors de ces vœux pour l’année 2023. Or, dans un entretien donné au Parisien en avril dernier, Emmanuel Macron indiquait vouloir finalement « une montée en charge » du SNU dans les territoires, tout en temporisant sa volonté de le rendre obligatoire dans l’immédiat.

« Il faut passer par la loi pour le rendre obligatoire, mais avant, il faut finaliser la concertation. Je suis favorable à ce que l’on puisse avancer », expliquait Emmanuel Macron dans cet entretien au Parisien. « Je pense qu’on ne peut pas le rendre obligatoire dans tout le pays du jour au lendemain », en raison du « défi logistique », ajoutait-il.

Plus récemment, sur CNews, la secrétaire d’État chargée de la Jeunesse Sarah El Haïry a balayé cette idée d’un SNU, programme dont elle a la charge, obligatoire : « Mon enjeu, c’est de faire qu’il y ait de plus en plus de jeunes qui participent au SNU. Et la question de savoir s’il sera ou non obligatoire relève d’un débat parlementaire. »

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