Les futurs projets de Facebook en Intelligence Artificielle

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A 38 ans, Antoine Bordes dirige à Paris le centre français du laboratoire de recherche en IA de Facebook qui fête ses 5 ans. Il nous explique les enjeux dans le domaine pour le plus grand réseau social du monde qui compte 2,6 milliards d’utilisateurs actifs.

Paris Match. Que serait Facebook sans l’IA aujourd’hui ?
Antoine Bordes. Ce serait très, très, très, très compliqué de faire tourner Facebook à l’échelle où on est, sans l’IA. Ce serait même impossible. Un des enjeux les plus importants, c'est de maintenir le site le plus sûr possible. D’enlever les contenus pornographiques, terroristes, etc. Et on obtient un taux de 97%. Grâce à l’IA. Ce serait infaisable avec des modérateurs uniquement humains. L'unité IA de Facebook, la recherche fondamentale et appliquée, c’est 1000 personnes. Mais le nombre d’ingénieurs qui font de l’IA dans Facebook, c’est plusieurs milliers.

Le labo FAIR (Facebook AI Research) que vous dirigez, travaille dans le domaine de la recherche fondamentale. Quelles sont les systèmes « inventées » à FAIR qui ont trouvé une application concrète, sur Facebook ?
Une des choses dont nous sommes le plus fier, intégralement développée à Paris, c’est ce qu'on appelle la traduction non supervisée. Traduire une langue en une autre, sans donner au système, aucun exemple de traduction. On lui donne une pile de textes en français, une en anglais et on demande à la machine d’apprendre à traduire, de l’un vers l’autre. C’est impossible à faire pour un humain. On le pensait également pour une machine. Mais contre toute attente, des chercheurs de notre labo y sont parvenus. L’intérêt pour Facebook, c’est qu’il existe plus d’une centaine de langues sur notre plateforme. Et dans certains cas, il n’existe pas de dictionnaire correspondant. Si je veux faire une traduction qui va aller, disons du swahili au coréen, c’est impossible. Car il n’existe pas de dictionnaire entre ces deux langues. Avec l’algorithme que nous avons développé, c’est désormais possible. Et cela(...)


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