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Non, la France ne va pas envoyer 2 000 hommes en Ukraine comme l’affirme le Kremlin

Emmanuel Macron, ici passant en revue les troupes avant de présenter ses vœux du Nouvel An à l’armée française à Cherbourg, le 19 janvier 2024.
CHRISTOPHE PETIT TESSON / AFP Emmanuel Macron, ici passant en revue les troupes avant de présenter ses vœux du Nouvel An à l’armée française à Cherbourg, le 19 janvier 2024.

GUERRE EN UKRAINE - « L’information » est signée de l’agence de presse russe Tass. Publiée ce mardi 19 mars, une dépêche indique que Moscou dispose d’informations selon lesquelles la France prépare un contingent militaire de 2 000 soldats qui va partir en Ukraine.

La source ? Le directeur du Service russe de renseignement extérieur (SVR), Sergueï Narychkine. Selon lui, ces 2 000 soldats français deviendraient même « une cible légitime et prioritaire des attaques des forces armées russes ».

Mais rien de tout ça n’est vrai. Le ministère français des Armées a démenti en fin d’après-midi. « Les informations relayées par Sergey Naryshkin, Directeur des renseignements extérieurs russes, relèvent d’un recours systématique à la désinformation de masse largement employée par la Russie », écrit le ministère sur son compte X. « Nous appelons à la plus grande vigilance afin d’éviter toute instrumentalisation par ce type de manœuvre. »

« La manœuvre orchestrée par Sergey Naryshkin (...) illustre une nouvelle fois le recours systématique de la Russie à la désinformation. Nous considérons ce genre de provocations irresponsables », a aussi réagi auprès du Parisien le ministère.

La nouvelle posture d’Emmanuel Macron

Ces derniers jours, le ministre des Armées Sébastien Lecornu avait précisé que l’envoi de « troupes combattantes » n’était pas sur la table et que la question portait plutôt sur la présence de formateurs militaires occidentaux en Ukraine.

La semaine dernière, Emmanuel Macron avait lui affirmé que les Européens devaient être prêts à « répondre » à une « escalade » de la Russie, jugeant qu’elle « ne s’arrêtera pas là » si elle gagne la guerre en Ukraine, mais a assuré que jamais ils ne prendraient « l’initiative » de l’engagement militaire face à cette puissance nucléaire.

Cette nouvelle posture du président, qui dénonce un « durcissement » de Moscou et tente d’imposer son leadership dans l’aide à l’armée ukrainienne, a été critiquée par de nombreux homologues européens et par l’ensemble de ses opposants français.

S’adressant directement aux Français par cette interview, Emmanuel Macron avait toutefois assumé une fois de plus sa position. « Si la Russie venait à gagner », « nous n’aurons plus de sécurité » et la « crédibilité de l’Europe sera réduite à zéro », avait-il estimé. « Nous avons un objectif : la Russie ne peut pas et ne doit pas gagner cette guerre », qui est « existentielle pour notre Europe et pour la France », avait-il insisté.

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