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En France, le “coup d’éclat” de Bayrou marque une crise au sein de la majorité

Depuis sa relaxe lundi dernier [5 février] dans une affaire de détournement de salaires d’assistants parlementaires européens, le nom de François Bayrou était sur toutes les lèvres. Puisqu’il pouvait à nouveau être ministre, ferait-il son retour au gouvernement et à quelle place ? L’homme est très influent. C’est lui qui par son ralliement décisif avait permis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence en 2017. Le président ne l’a jamais oublié et il compte dans le très petit nombre de ceux qui, à l’occasion, ont pu influencer des décisions importantes. À la tête du MoDem, un parti centriste, il contrôle par ailleurs une cinquantaine de députés, soit un cinquième de la majorité présidentielle.

Bref, François Bayrou est un homme de poids, réputé pour ses emportements et difficile à contrôler, mais que le président Macron avait toujours su ménager. En 2017, sa mise en examen dans l’affaire des assistants parlementaires l’avait contraint à démissionner du ministère de la Justice un mois seulement après sa nomination. La relaxe de lundi permettait un retour éclatant.

Une majorité présidentielle désorientée

De toute évidence, c’est le ministère de l’Éducation qui l’intéressait, et dès lundi son nom revenait avec insistance pour remplacer Amélie Oudéa-Castéra. Après ses propos catastrophiques pour justifier son choix d’avoir placé ses enfants dans une école privée très élitaire, la toute nouvelle ministre n’a pas su remonter la pente et elle avait perdu toute crédibilité auprès du corps enseignant avant même d’être véritablement entrée en fonction. Sans vraiment s’en cacher, François Bayrou visait son poste.

Il ne l’a pas obtenu et, après quarante-huit heures d’atermoiements, il a claqué la porte en diffusant mercredi soir [le 7 février] un communiqué à l’AFP où il annonce qu’il n’entrera pas au gouvernement en raison d’“une différence d’approche sur la méthode à suivre qui me paraît rédhibitoire”. Il cite deux exemples : “L’Éducation, qui connaît aujourd’hui une crise de confiance qui vient de loin et que je croyais que l’on pouvait corriger”, et “le gouffre qui s’est creusé entre la province et Paris, toutes les crises de l’aménagement du territoire et la distance désormais de plus en plus grande entre les citoyens et l’action publique”. Il précise en outre qu’il a refusé le ministère des Armées.

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