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France-Chili: concurrence, leadership, confiance… pourquoi ce match amical est plus important qu’il n’y paraît

L’Euro 2024 débutera dans deux mois et demi en Allemagne. Autant dire demain. Et plusieurs incertitudes entourent encore l’équipe de France, à l’heure de clore la dernière fenêtre internationale avant le grand rendez-vous. Annoncés parmi les favoris de la compétition, les Bleus font face à plusieurs enjeux importants. Trois jours après avoir été surclassés par l’Allemagne au Groupama Stadium de Lyon (0-2), les joueurs de Didier Deschamps s’apprêtent à recevoir le Chili, ce mardi à Marseille (21h). Et ce match amical au Vélodrome s’annonce bien plus intéressant qu’il n’y paraît…

Deschamps a encore des choix à faire

Le sélectionneur de l’équipe de France dévoilera sa liste pour l’Euro autour du 15 mai. Il connaît déjà l’ossature du groupe qu’il emmènera outre-Rhin, mais plusieurs joueurs sont en balance pour compléter l’effectif. Le onze-type ne semble pas non plus totalement arrêté. Cette rencontre face aux partenaires d’Alexis Sanchez, qui va retrouver son ancien jardin, peut permettre à certains éléments de se distinguer. A l’inverse, d’autres pourraient perdre de précieux points en cas de déconvenue. Devant ses supporters, Jonathan Clauss, le latéral de l’OM, devrait avoir une belle carte à jouer. Un match abouti pourrait le placer parmi les potentiels titulaires, vu le manque de concurrence à son poste. A l’image de sa prestation décevante contre l’Allemagne, Jules Koundé ne n’a pas su se rendre indispensable dans le couloir droit de la défense. Et personne ne semble émerger derrière ces deux joueurs.

En défense centrale, William Saliba (passé par l’OM) tentera d’élever son niveau sous le maillot national, même s’il semble avoir pas mal de retard sur ses concurrents directs. Dans l’entrejeu, Eduardo Camavinga et Youssouf Fofana auront sans doute à cœur de prouver qu’ils ont le niveau pour épauler Aurélien Tchouaméni et Antoine Griezmann (forfait pour ce rassemblement). Devant aussi, tout ne paraît pas figé autour de Kylian Mbappé. Randal Kolo Muani, en difficulté au PSG, et Olivier Giroud, qui enchaîne avec l’AC Milan, vont avoir l’occasion de se montrer face aux Chiliens. Sans parler des remplaçants qui entreront en jeu sur la pelouse du Vélodrome.

Mbappé et les leaders attendus au tournant

Il s’attend à se faire conspuer par la foule. A cinq jours du choc entre l’OM et le PSG en Ligue 1, Kylian Mbappé pourrait être pris en grippe par les spectateurs marseillais. Dans ce contexte possiblement hostile, l’attaquant parisien sera observé de près. Lors de la déroute face aux Allemands, le capitaine des Bleus n’a pas su remobiliser ses troupes au coeur de la tempête. Alors que son équipe prenait l’eau dans l’antre de l’OL, le buteur de 25 ans s’est montré particulièrement discret dans le Rhône.

Interrogé à ce sujet en conférence de presse, il a reconnu avoir failli dans son leadership. Tout comme Aurélien Tchouaméni, son vice-capitaine. Les deux hommes, qui pourraient se retrouver au Real Madrid cet été, n'ont pas eu la personnalité qui doit accompagner leur statut. A eux de montrer un visage plus fédérateur et un regard plus conquérant contre les joueurs de Ricardo Gareca.

Se rassurer et reprendre confiance

Il y a quarante-trois ans que l’équipe de France n’a plus débuté une année civile par deux défaites. En 1981, les coéquipiers de Michel Platini s’étaient inclinés face à l’Espagne, le 18 février (1-0), avant de chuter contre les Pays-Bas, le 25 mars à Rotterdam (1-0). Deux courtes défaites à l’extérieur, face à des adversaires coriaces. Autant dire qu’un deuxième revers de suite ferait tâche pour les Bleus de Didier Deschamps, vice-champions du monde en titre. L’accident de parcours face à une Allemagne brillante et motivée peut s’entendre, mais un couac face au Chili trois jours après passerait beaucoup plus mal.

Après avoir été bousculés dans tous les domaines face à la Nationalmannschaft, les partenaires de Kylian Mbappé assurent que leur moral n’a pas été entamé. Leur confiance non plus. C'est le moment de le prouver contre les Chiliens, avec de la cohésion d’équipe, du rythme, de l’impact, du spectacle et des buts. Cette rencontre est la dernière avant la liste de Didier Deschamps. L’image laissée sera également importante, même si l’histoire a prouvé que la vérité de mars n’est pas toujours celle de juin.

Bien se lancer vers l’Euro 2024

L’équipe de France n’a remporté que deux fois l’Euro dans son histoire, en 1984 et 2000. Elle a également atteint la finale de l’édition 2016 organisée dans l’Hexagone. Il y a quatre ans, les Bleus avaient été sortis dès les 8es de finale par la Suisse à l’issue d’un match à suspense, conclu aux tirs au but (3-3, 4 tab à 5). Autant dire que le tournoi à venir ne sera pas une formalité en Allemagne. Le rassemblement pour cet Euro 2024 débutera le 28 mai à Clairefontaine. Les Bleus disputeront ensuite deux derniers amicaux, le 5 juin à Metz et le 9 juin à Bordeaux (les adversaires n’ont pas encore été annoncés), avant de traverser le Rhin. A partir du 12 juin, ils pourront prendre possession de leur camp de base à Bad Lippspringe, une petite ville de l’ouest du pays. Placés dans le groupe D, les hommes de Deschamps débuteront leur compétition face à l’Autriche le 17 juin, avant de défier les Pays-Bas le 21 juin, puis la Pologne ou le pays de Galles (qui s’affrontent ce mardi en barrage) le 25 juin.

Article original publié sur RMC Sport