Pour François Hollande, la Russie va "perdre" la guerre

François Hollande le 7 mai 2022 à l'Elysée - GONZALO FUENTES / POOL / AFP
François Hollande le 7 mai 2022 à l'Elysée - GONZALO FUENTES / POOL / AFP

La Russie pourrait "perdre la guerre". Un refrain que François Hollande entonne dans tous les médias depuis la sortie de Bouleversements, ouvrage dans lequel il analyse "la nouvelle donne mondiale". Jusqu'ici, l'ancien président évoquait ce scénario au conditionnel. Sur BFMTV mardi, il a ainsi estimé que l'Ukraine pouvait gagner la guerre, "à condition que nous la soutenions davantage".

Dans les colonnes de Midi Libre, François Hollande franchit un pas, se montrant plus affirmatif. Vladimir Poutine peut-il être défait dans cette guerre? "Oui, il va la perdre", répond le socialiste. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février dernier, le rapport de force n'est plus le même: l'armée ukrainienne mène une contre-offensive dans l'Est du pays et les troupes russes ont essuyé plusieurs revers.

"Il [Vladimir Poutine] n'avait pas conçu que les Ukrainiens puissent résister comme ils l'ont fait et qu'ils étaient également mieux préparés qu'il ne l'avait anticipé", a analysé François Hollande au micro de LCI mercredi.

"Abnégation du peuple ukrainien"

Dans Midi Libre, il met néanmoins en garde contre une Russie "encore capable de mobiliser d'importantes forces armées et de multiplier les bombardements sur les civils".

Selon lui, l'issue de cette guerre dépendra de "l'abnégation du peuple ukrainien et de notre patience face à la hausse des prix de l'énergie et du retour de l'inflation". Et de poursuivre:

"Poutine espère que la fatigue des opinions publiques et les divisions européennes nous conduiront à relâcher la pression et donc les sanctions."

"Rapport de force"

Un autre sujet revient inlassablement dans la bouche de François Hollande ces derniers jours: Emmanuel Macron et son rapport à Vladimir Poutine. Le chef de l'Etat a-t-il raison de poursuivre le dialogue avec le président russe?

Oui, en ce qui concerne la "situation de la centrale nucléaire de Zaporijia", estime François Hollande. Il souligne que celle-ci "fait l'objet de bombardements qui pourraient créer un accident dramatique pour une grande partie du continent". En revanche, "ce n'est pas le moment pour mener une négociation", estime l'ancien locataire de l'Elysée.

"Il faut attendre [que Vladimir Poutine] perde davantage et soit obligé de se retirer d'Ukraine", précise-t-il.

Enfin, François Hollande explique qu'"il n'y a de possibilités de discussion fructueuse [avec Vladimir Poutine] que sur la base d'un rapport de force", ce dernier n'acceptant un "accord que lorsqu'il y est obligé".

Article original publié sur BFMTV.com