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François Bayrou refuse d’entrer au gouvernement et livre des explications amères pour justifier son choix

François Bayrou invité sur franceinfo ce jeudi 8 février.
François Bayrou invité sur franceinfo ce jeudi 8 février.

POLITIQUE - « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément. » Pour justifier sa position vis-à-vis de l’exécutif, François Bayrou a fait l’exact inverse de ce que préconise cette maxime du poète Nicolas Boileau. Invité sur franceinfo ce jeudi 8 février pour justifier son refus d’entrer au gouvernement, faute d’« accord profond sur la politique à suivre », le président du MoDem a alterné entre propos amers vis-à-vis de la Macronie et gages de fidélité à l’égard de la majorité.

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Quitte à donner l’impression de souffler le chaud et le froid au profit d’un projet qui semble servir avant tout son émancipation en vue de la présidentielle de 2027. « Plus on avance dans le temps et plus on a l’impression que la rupture [entre les pouvoirs et les Français] s’aggrave. Pour la combattre, il faut avoir une vision qui embrasse tout le pays et pas seulement le monde des pouvoirs dans lequel nous sommes », a taclé le maire de Pau, griffant un gouvernement qui compte « sur quatorze, onze ministres parisiens ou franciliens », et aucun originaire « du sud de la Loire ».

« Il y a une dérive, le moment est venu de remettre les choses à l’endroit », a-t-il insisté, regrettant que le chef de l’État et ses troupes « gouvernent comme avant » alors qu’ils avaient promis en 2017 de « gouverner autrement ». Soit le retour du procès en déconnexion souvent instruit à l’encontre de la Macronie, tout en faisant planer la menace d’un divorce d’ici 2027. « Mon soutien ne se marchande pas, à condition que soit entendue l’inquiétude qu’un très grand nombre de Français ressentent », a-t-il prévenu, en affirmant dans le même temps que son parti reste « membre à part entière de la majorité qui veut reconstruire le pays ».

« Moins de technocratie gestionnaire »

Si François Bayrou a refusé d’entrer au gouvernement c’est, dit-il, car il n’a pas eu l’assurance de voir advenir le changement de paradigme pour lequel il plaide. Et que les portefeuilles proposés, comme le ministère des Armées, ne correspondent pas à ce qu’il peut apporter au gouvernement.

« Le pays a besoin de plus de compréhension politique de ce qui se passe à la base et de moins de technocratie gestionnaire », a encore expliqué François Bayrou, en revendiquant son « lien avec le pays dans ses profondeurs, pour identifier ce qui va mal ». L’affirmation d’une compétence dont on comprend que l’exécutif est dépourvu, et qui s’accompagne d’une référence à peine voilée à la succession d’Emmanuel Macron.

« L’enjeu de 2027, c’est qu’on arrive à réconcilier la France qui se bat en bas et celle qui décide en haut », a diagnostiqué le haut-commissaire au Plan, déplorant l’existence d’une « crise » dans laquelle il sera nécessaire de « montrer un chemin pour en sortir ». Avant de prévenir : « Je n’ai jamais renoncé à aucun des devoirs qui sont les miens, je ne laisserai pas dériver les choses sans rien dire ». Le raisonnement apparaît tortueux, mais le sentier qu’il entend tracer semble filer tout droit vers l’Élysée.

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