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Frédéric Mitterrand, ancien ministre sous Sarkozy, est mort à l’âge de 76 ans

 Décès de l’ancien ministre de la Culture et homme de télé Frédéric Mitterrand
JOHANNA LEGUERRE / AFP Décès de l’ancien ministre de la Culture et homme de télé Frédéric Mitterrand

POLITIQUE - Frédéric Mitterrand est mort. Écrivain, homme de télévision, ancien ministre de la Culture sous Nicolas Sarkozy (2009-2012), le neveu de l’ancien président socialiste François Mitterrand s’est éteint à l’âge de 76 ans, annonce sa famille à l’AFP ce jeudi 21 mars. Il luttait ces derniers mois contre « un cancer agressif. »

Frédéric Mitterrand « a tout au long de sa vie servi les arts avec passion, érudition et amour », a rapidement réagi Jack Lang, l’un de ses illustres prédécesseurs rue de Valois, louant « son intelligence vive, son humour décapant, sa tendresse infinie, sa bonté rare. » « Il était un homme profondément cultivé et délicat, un être à part, sensible et attachant, une personnalité inclassable si loin de la vie partisane », a pour sa part écrit Nicolas Sarkozy.

Nommé ministre de la Culture et de la Communication en juin 2009 à la surprise générale dans le gouvernement de François Fillon, cet homme de culture, diplômé de Science Po en 1968, a eu plusieurs vies. Avant cette expérience ministérielle, il fut tour à tour journaliste, romancier, animateur de télévision et de radio, réalisateur, producteur, scénariste, enseignant ou encore directeur de la prestigieuse villa Médicis à Rome.

Personnalité inclassable

Né le 21 août 1947 dans les beaux quartiers à Paris, le neveu de François Mitterrand s’est fait un nom tout d’abord grâce au petit écran. « Étoiles et toiles » est le nom de la première émission qu’il anime sur la Une à partir de 1981 : il y ressuscite avec flamboyance les stars, surtout les actrices, et décortique les grands films. L’homme insuffle sa cinéphilie au spectateur, captivé par cette voix lancinante, au phrasé reconnaissable entre tous.

Malgré son nom, il refuse de marcher sur les traces d’un oncle qu’il admire… Et restera une personnalité difficilement classable sur l’échiquier politique. Il adhère en juin 1993 au Mouvement des radicaux de gauche (MRG). Et, en mai 1995, il apporte son soutien à Jacques Chirac, candidat à la présidence.

Nommé à la tête de la Villa Médicis à Rome par le président Nicolas Sarkozy en 2008, il rentre à Paris quelques mois plus tard pour prendre le ministère de la Culture, jusqu’à l’élection présidentielle de 2012, perdue par la droite. À ce poste, il a notamment affronté les intermittents du spectacle, fait adopter la loi Hadopi et conduit des grands chantiers, lancés pour certains avant son arrivée : le Mucem à Marseille ou la Philharmonie à Paris.

Frédéric Mitterrand n’hésitait pas non plus à confesser sa « mauvaise vie ». Il a ainsi fait le récit en 2005 de ses errances sexuelles et tarifées en Thaïlande et au Maghreb. D’abord salué, le livre suscitera ensuite la polémique, l’obligeant à se défendre de toute relation avec des mineurs ou d’apologie de la pédocriminalité.

Son dernier ouvrage, l’ancien ministre de la Culture l’avait consacré à l’acteur hollywoodien Brad Pitt, son idole. Il avait même, pour l’occasion, rejoué certaines de ses scènes cultes sous l’objectif de Paris Match. Telle a été l’étrange histoire de Frédéric Mitterrand.

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