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Fin de vie : Le projet d’Emmanuel Macron sur l’aide à mourir indigne l’Église qui y voit « une tromperie »

Président de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort (ici photographié en mars 2023) a fait part de sa vive inquiétude après l’annonce par Emmanuel Macron d’un projet de loi sur la fin de vie.
CHARLY TRIBALLEAU / AFP Président de la Conférence des évêques de France, Éric de Moulins-Beaufort (ici photographié en mars 2023) a fait part de sa vive inquiétude après l’annonce par Emmanuel Macron d’un projet de loi sur la fin de vie.

FIN DE VIE - « Une tromperie », « quelque chose d’incompréhensible », « une très mauvaise surprise »L’Église de France a visiblement du mal à digérer les annonces qu’Emmanuel Macron a faites dimanche 10 mars son projet de loi sur « l’aide à mourir ».

Fin de vie : l’accès aux soins palliatifs, un parcours semé d’embûches dans les déserts médicaux

Après de longs mois de réflexion et plusieurs reports, le chef de l’État a dévoilé dans un entretien publié par La Croix et Libération, son « modèle français de la fin de vie » : une « aide à mourir » qui doit permettre à certains patients, selon des « conditions strictes », de recevoir une « substance létale ».

« Cet accompagnement sera réservé aux personnes majeures », a précisé Emmanuel Macron. Autres conditions pour y accéder : faire preuve d’un « discernement plein et entier », être atteint d’une « maladie incurable », avoir un « pronostic vital engagé à court ou à moyen terme » et faire l’objet de souffrances « que l’on ne peut pas soulager ».

L’Église réclame une clause de conscience spécifique

Du côté de l’Église de France, ces annonces font déjà l’objet de vives critiques. « Appeler “loi de fraternité” un texte qui ouvre à la fois le suicide assisté et l’euthanasie est une tromperie. Une telle loi, quoi qu’on veuille, infléchira tout notre système de santé vers la mort comme solution », a déclaré dans La Croix Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France.

« Le président de la République présente un texte tout ficelé sur ce qu’il appelle “l’aide à mourir”, mais, sur les soins palliatifs, (ce sont) de vagues promesses avec un chiffrage tout à fait approximatif », a-t-il ajouté. Autre sujet d’inquiétude pour Éric de Moulins-Beaufort : « nulle part n’apparaît une clause de conscience spécifique », comme il en existe une pour l’interruption volontaire de grossesse. Le président de la Conférence des évêques de France a appelé les parlementaires « à mesurer combien est ambigu le texte annoncé ». Selon l’Élysée, néanmoins, une clause de conscience sera bien incluse dans le projet de loi.

« Les personnes non productives n’ont plus le droit de cité »

Sur France Inter, l’évêque de Nanterre, Mgr Matthieu Rougé, s’est montré tout aussi remonté. « Une très mauvaise surprise », a-t-il regretté.

« Il y a quelque chose d’incompréhensible, et la dissimulation, derrière un terme de fraternité, de l’absence de fraternité. » Et de déplorer : « Ce qui me frappe, c’est qu’on a l’impression que dans la “start-up nation”, les personnes non productives n’ont plus le droit de cité. »

Dans son interview avec La Croix et Libération, Emmanuel Macron a annoncé que le projet de loi du gouvernement, qui inclura aussi un volet pour renforcer les soins palliatifs, serait présenté en avril en Conseil des ministres pour un examen en première lecture à l’Assemblée nationale en mai, avant les élections européennes de juin. Gabriel Attal a ensuite précisé que les débats débuteront le 27 mai au Palais Bourbon.

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