La fin des tests Covid gratuits pour les non-vaccinés peut-elle relancer la vaccination?

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En rendant payant les tests PCR pour les adultes non-vaccinés, le gouvernement espère pousser encore plus vers le vaccin, mais le résultat est loin d'être garanti.

SCIENCE - “Il n’est plus légitime de payer des tests de confort à outrance aux frais des contribuables”. Dimanche 26 septembre dans Les Échos, Jean Castex a confirmé que l’État allait mettre fin aux tests PCR gratuits à partir du 15 octobre prochain.

Le dépistage par PCR ou antigénique sera toujours gratuit pour les personnes vaccinées, sur prescription médicale et pour les moins de 16 ans. La cible est donc claire: ne plus permettre aux personnes éligibles qui ont choisi de ne pas être vaccinées contre le Covid-19 de réaliser des tests à répétition pour profiter du pass sanitaire.

Le Premier ministre le dit d’ailleurs: “La logique est de rembourser les tests liés à des motifs réellement médicaux, et de continuer à inciter à se faire vacciner”. Car c’était l’objectif officiel du déremboursement, affiché le 12 juillet par Emmanuel Macron lors de l’élargissement du pass sanitaire: “les fameux tests PCR seront rendus payants, sauf prescription médicale, et ceci afin d’encourager la vaccination plutôt que la multiplication des tests”, avait déclaré le président.

Seuls 9% des non-vaccinés envisagent de sauter le pas

Et avec environ 30.000 premières doses injectées par mois, la campagne de vaccination aurait bien besoin d’un coup de fouet. Pour autant, il est probable que la fin des tests gratuits ne change pas radicalement la donne sur la courbe de la vaccination.

Depuis près d’un an, Santé publique France sonde chaque mois un échantillon représentatif des Français adultes sur les questions vaccinales. Dans la dernière enquête réalisée début septembre, une question a été posée aux 13% de non-vaccinés et qui n’avaient pas prévu de le faire dans un futur proche: qu’allez-vous faire quand les tests PCR, sésame ouvrant le pass sanitaire, ne seront plus remboursés?

Malheureusement, seuls 9% des personnes interrogées disaient qu’elles comptaient se faire vacciner pour bénéficier du pass. Cela représente donc à peine plus de 600.000 adultes vaccinés en plus, soit 1,47% de la population adulte. C’est mieux que rien évidemment, mais il n’est pas certain que ce petit pourcentage change radicalement la donne face à la menace d’une cinquième vague.

Mais d’un point de vue épidémiologique, on peut se dire que ce ne sera pas le seul intérêt de la fin de la gratuité des tests. Ainsi, 70% des personnes non vaccinées interrogées déclarent qu’elles ne se rendront plus dans les lieux où le pass sanitaire sera obligatoire. Seuls 20% paieront leur dépistage.

Si tout cela pose évidemment des questions éthiques, l’intérêt en termes sanitaire, c’est d’éviter le regroupement de personnes non vaccinées et possiblement infectées dans les lieux où le virus se répand le mieux (des endroits clos, où l’on reste longtemps sans masque ni gestes barrière, comme les restaurants et les discothèques).

À l’inverse, le risque, c’est de casser le thermomètre du dépistage pour vérifier l’évolution de l’épidémie de Covid-19 en France. “On va perdre certaines personnes qui n’avaient pas de symptômes et n’étaient pas identifiées comme cas contacts, mais qui se faisaient tester par prudence, parce qu’elles savaient qu’elles pouvaient avoir été exposées”, redoute ainsi l’épidémiologiste Renaud Piarroux interrogé par France Info.

À voir également sur Le HuffPost: la course de graphique qui montre la progression française sur la vaccination

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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