Fillon brandit l'étendard sécuritaire en terre sarkozyste

François Fillon (photo) a promis lundi de protéger la France, si nécessaire par la force, s'il est élu président, une perspective à laquelle il veut croire. En déplacement à Nice, l'ancien Premier ministre a appelé ses partisans à se battre jusqu'au bout pour faire mentir les sondages, comme lors de la primaire de la droite et du centre, en le qualifiant dimanche pour le deuxième tour de la présidentielle. /Photo prise le 17 avril 2017/REUTERS/Eric Gaillard

NICE, Alpes-Maritime (Reuters) - François Fillon a promis lundi de protéger la France, si nécessaire par la force, s'il est élu président, une perspective à laquelle il veut croire.

En déplacement à Nice, l'ancien Premier ministre a appelé ses partisans à se battre jusqu'au bout pour faire mentir les sondages, comme lors de la primaire de la droite et du centre, en le qualifiant dimanche pour le deuxième tour de la présidentielle.

"Vous avez six jours pour convaincre ceux qui doutent encore que la France peut se redresser et étonner le monde", a-t-il dit.

"Il nous reste six jours pour faire triompher notre vision d’un pays porté vers le meilleur de lui-même par un élan patriotique", a-t-il indiqué, ajoutant à l'adresse de ses opposants: "Je les ai surpris une fois lors de la primaire, nous les surprendrons encore une fois en fin de semaine."

L'espoir est revenu dans le camp de François Fillon au vu des sondages de la semaine passée qui ont tous montré un effritement des intentions de vote en faveur de Marine Le Pen (Front national) et Emmanuel Macron (En Marche), désormais talonnés par le candidat de droite mais aussi par Jean-Luc Mélenchon (la France insoumise), qui bénéficie d'une forte dynamique.

Mais dans deux des trois enquêtes publiées lundi, Emmanuel Macron semble avoir enrayé son érosion et devance légèrement Marine Le Pen, qui maintient ses deux poursuivants à distance.

LA SECURITÉ POUR TOUS

Dans un bastion "sarkozyste" mais aussi une région où le Front national fait des scores élevés, le candidat de la droite et centre a prononcé un discours à la tonalité résolument sécuritaire en ciblant d'emblée le terrorisme islamique mais aussi "la délinquance encouragée par le laxisme".

"Ma politique est simple: la sécurité doit être partout et pour tous", a-t-il dit en promettant de donner aux forces de l'ordre "les moyens dont elles ont impérativement besoin pour faire leur métier".

Il a évoqué dans la foulée les "80.000 à 100.000 peines de prison ferme (qui) ne sont pas exécutées" et les nombreuses infractions qui ne sont pas poursuivies, auxquelles il entend remédier par la construction de 16.000 places de prison supplémentaires, tout en réaffirment son intention d'abaisser la majorité pénale à 16 ans.

François Fillon s'est démarqué du Front national, dont le projet économique plongerait selon lui la France en faillite en six mois, en défendant une solution européenne pour le contrôle de l'immigration même si la France est, dit-il, en droit de rétablir les contrôles à ses frontières tant qu'une réforme des accords de Schengen n'aura pas été mise en place.

A "la France open space de M. Macron et la France bolivarienne jumelée avec Cuba de M. Mélenchon", il a opposé "l'affirmation du sentiment national" qui passe par le refus des communautarismes.

Elu président de la République, "je protégerai la France. Je protégerai les Français. Je protégerai nos intérêts économiques, je protégerai la paix, par la force si c’est nécessaire", a-t-il promis.

Dans une ville théâtre d'une attaque au camion bélier qui a fait 86 morts le 14 juillet dernier sur la promenade des Anglais, il s'est aussi engagé à faire "la guerre au totalitarisme islamique partout où il tente de s’infiltrer sur notre territoire".

Les appels à l'unité de son mouvement ont été une nouvelle fois mis à mal par des sifflets de la salle lors du discours d'accueil de Christian Estrosi.

Le président de la région Provence Alpes-Côte d'Azur et ancien maire de Nice avait été pareillement hué par les partisans de François Fillon fin mars à Toulon au vu de son soutien très critique à la campagne du candidat LR et à sa décision de rencontrer Emmanuel Macron en visite à Marseille.

(Eric Gaillard à Nice, Yann Le Guernigou à Paris, édité par Henri-Pierre André)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages