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Fichier, travaux d'intérêt général... Comment Élisabeth Borne entend enrayer les féminicides

La Première ministre Elisabeth Borne à la sortie du Conseil des ministres, le 19 octobre 2022 à l'Elysée, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Le 8 mars, à l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, Élisabeth Borne doit présenter son nouveau plan pour l'égalité entre les femmes et les hommes (2023-2027), intégrant plusieurs mesures pour lutter contre les violences conjugales et enrayer les féminicides.

Vingt-six femmes ont été tuées sous les coups de leur compagnon ou ex-compagnon dans le pays depuis le début de l'année. Cette semaine, trois féminicides ont été rapportés en seulement deux jours en Gironde, dans la Somme et en Seine-et-Marne.

Une multiplication des drames qui agite les associations féministes et le milieu politique. Surtout que dans deux des récents cas, en Gironde et dans la Somme, les victimes avaient déposé plaintes pour violences contre les hommes suspectés de les avoir tuées.

Le nombre de Maisons des femmes "doublé"

En Gironde, l'ancien compagnon de la victime avait même déjà été condamné en 2006 à 20 ans de réclusion criminelle pour une tentative d'assassinat commise sur une ancienne conjointe.

Le 8 mars, pour la journée internationale des droits des femmes, Élisabeth Borne doit présenter son nouveau plan pour l'égalité entre les femmes et les hommes (2023-2027), qui comprendra des mesures autour de plusieurs volets (économie, santé, éducation...).

Il doit surtout intégrer plusieurs mesures pour lutter contre les violences conjugales et enrayer les féminicides. Des faits que la Première ministre "sui[t] de très près", a-t-elle assuré mercredi au magazine ELLE, dévoilant au passage plusieurs mesures, comme l'augmentation du nombre de Maisons des femmes, ces structures d'aide aux victimes de violences.

"Il y en a 56, nous allons doubler leur nombre, pour qu'il y en ait dans chaque département, d'ici à 2025", a-t-elle promis.

Un fichier des auteurs de violences

Ce plan entend aussi endiguer les classements sans suite des plaintes et certains dysfonctionnements. En Gironde, les deux plaintes de la victime, déposées les 5 et 23 février, n'avaient pas été remontées au parquet, selon nos informations. Une situation qui a amené Gérald Darmanin à demander qu'une enquête administrative de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) soit ouverte.

À partir de novembre prochain, Élisabeth Borne a annoncé qu'un fichier permettant de connaître les antécédents d'un auteur de violences, en croisant les fichiers des ministères de l'Intérieur et de la Justice, serait mis en place. Il devrait permettre "de renforcer la vigilance des forces de l'ordre et d'éviter ces situations".

"Ce fichier intégrera, dans un second temps, des informations concernant les victimes pour mieux les identifier", a indiqué la Première ministre.

Une promesse qu'Emmanuel Macron avait faite au cours de la dernière élection présidentielle. L’idée est "de pouvoir ficher toutes ces personnes pour que quand leurs compagnes ou futures compagnes viennent (au commissariat), on puisse savoir que c’est quelqu’un qui a déjà des antécédents et avoir une alerte supplémentaire", avait-il alors expliqué.

Des travaux d'intérêt général

Élisabeth Borne a, enfin, révélé que des travaux d'intérêt général spécifiques pour les auteurs de violences conjugales seraient mis en place. "L'idée, c'est vraiment de déclencher une prise de conscience profonde chez eux, a-t-elle expliqué. Qu'ils intègrent ce que c'est qu'être victime de violences, et l'impact que ça peut avoir. Nous allons travailler avec les associations qui accompagnent les victimes dans chaque département."

"Près de 120 féminicides par an, c'est insupportable. Est-ce que collectivement nous en avons conscience ? Sans doute pas", a conclu la Première ministre dans les colonnes du magazine ELLE.

L'ancienne préfète a également assuré que l'Espagne, pionnière dans la lutte contre les violences conjugales, devait "nous inspirer".

"J'aurai l'occasion de m'entretenir avec le Premier ministre espagnol, que je rencontre prochainement", a-t-elle glissé.

Article original publié sur BFMTV.com

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