Femmes militaires : pas encore à armes égales

L’armée française est l’une des armées les plus féminisées au monde, mais les femmes ne représentent que 15% des effectifs et restent inégalement réparties dans les rangs.

L’armée française est l’une des armées les plus féminisées au monde, mais les femmes ne représentent que 15% des effectifs et restent inégalement réparties dans les rangs. 

Le «Suffren», inauguré vendredi à Cherbourg par Emmanuel Macron, fait la fierté de la Marine nationale. Ce sous-marin dernier cri, bourré d’innovations technologiques, bénéficie également d’une innovation symbolique : c’est le premier submersible conçu pour pouvoir accueillir des femmes. Tous les navires militaires sont désormais pensés dès leur conception pour réserver des dortoirs et des douches aux effectifs féminins. Cette petite révolution résulte de l’ouverture des postes dans les sous-marins à des femmes depuis 2014.

Ce n’est que depuis 2015 que tous les postes dans tous les corps d’armées sont ouverts aux femmes. Selon les chiffres diffusés par le ministère de la Défense, les armées comptaient 15,5% de femmes en 2017, le même taux qu’en 2015. Il y a dix ans, ce taux s’élevait à 14,3%. La féminisation progresse donc très lentement. «C’est extrêmement récent, surtout du point de vue d’une institution aussi réticente au changement que l’armée», observe Camille Boutron, docteure en sociologie qui étudie la question de la mixité à l'Institut de recherche de l’Edcole militaire.

«On observe un pic au début des années 2000 mais une stagnation depuis 2010, résume la sociologue. Même si, avec ses 15,5% de femmes, l’armée française est l’une des plus féminisée du monde, des efforts doivent encore être faits.»

Au classement mondial, la France rate de peu le podium et se classe quatrième. L’armée israélienne est première, grâce à son système de conscription : elle compte un tiers de femmes. Suivent la Hongrie, premier pays européen du classement, et les Etats-Unis.

Un rapport parlementaire d’octobre 2018 identifie certains freins à la féminisation, citant par exemple de «plus faibles aptitudes physiques en moyenne» qui(...)


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