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Faute de carburant, les Syriens brûlent “tout ce qu’ils peuvent pour se réchauffer”

Youssef est chauffeur de taxi à Alep, dans le nord de la Syrie. Jusqu’à il y a peu, sa famille n’était pas dans le besoin. Mais ces dernières semaines, d’importantes pénuries de carburant paralysent les régions contrôlées par le régime de Bachar El-Assad. Non seulement Youssef n’arrive pas à trouver de l’essence, mais en plus il n’est pas en mesure de la payer, explique-t-il au quotidien britannique Financial Times.

“Habituellement, je conduis mes enfants à l’école avant de commencer ma journée. Mais ces dernières semaines, je n’avais pas assez d’essence. […] Pas d’essence signifie pas de travail et pas d’école.”

Ravagée par plus de dix ans de guerre, la Syrie connaît aujourd’hui une grave crise économique, marquée par une hyperinflation et donc une pénurie de carburant.

“Les gens nous disent que c’est la pire année : avant, l’essence était disponible mais était très chère. Aujourd’hui, elle n’est plus disponible du tout, et cela a des répercussions sur tous les aspects de la vie en Syrie, qui était déjà très difficile pour beaucoup”, renchérit Emma Forster, responsable à Damas du Conseil norvégien pour les réfugiés, une organisation humanitaire.

Un pays “à l’arrêt”

Ainsi, c’est une grande partie du pays qui est aujourd’hui “à l’arrêt”, explique le FT. Il n’y a pas assez de carburant pour alimenter les générateurs électriques, au point que, dans la capitale et les régions environnantes, les coupures de courant durent jusqu’à vingt-deux heures par jour. Ce manque d’électricité et de carburant affecte l’approvisionnement en eau, l’activité des usines, le système de santé et l’éducation.

Le gouvernement met en cause, pêle-mêle, la réduction de l’approvisionnement en carburant en provenance d’Iran, le plus important allié du pays avec la Russie, les sanctions économiques occidentales imposées au régime, les bombardements turcs dans le nord de la Syrie ou la guerre en Ukraine, qui fait augmenter les prix. Mais il y a aussi, et surtout, “le peu de rentrées d’argent” et la “corruption endémique”.

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