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Faut-il arrêter de faire des bébés ?

Face à l’urgence climatique, c’est une question que de plus en plus de gens se posent : doit-on continuer à faire des enfants ? En témoigne cette enquête, menée en 2021 auprès de 10 000 personnes âgées de 16 à 25 ans dans dix pays (Australie, Brésil, Finlande, France, Inde, Nigeria, Philippines, Portugal, Royaume-Uni et États-Unis) : 39 % d’entre elles (36,7 % en France) hésitaient à mettre au monde un enfant à cause du changement climatique. Une tendance confirmée récemment par une autre étude, qui montre que l’inquiétude provoquée par le changement climatique est clairement corrélée au désir d’avoir peu ou pas de descendance.

Le témoignage de Julia Borges, recueilli par la BBC, résume bien cette forme d’éco-anxiété : “Je ne me vois pas assumer la responsabilité d’une autre vie humaine, créer un nouvel être qui serait à terme un fardeau supplémentaire pour une planète déjà saturée”, déclare l’étudiante brésilienne de 23 ans.

À première vue, ses doutes semblent raisonnables. Selon des travaux publiés en 2017 – et très commentés –, dans un pays riche, le fait de ne pas avoir d’enfant est, sur le plan théorique, le meilleur moyen pour un individu de réduire son empreinte carbone – c’est 50 fois plus efficace qu’adopter un régime végétarien, recycler ses déchets ou ne pas utiliser de sèche-linge.

Mais que vaut ce savant calcul dans le monde réel ? Eh bien, pas grand-chose. Car l’urgence climatique s’accorde mal avec l’inertie démographique – la majorité des hommes et des femmes qui vivront en 2050 sont déjà nés, assure l’Institut national d’études démographiques. Or c’est dans la décennie à venir qu’il faut radicalement réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Même avec une baisse de la fécondité, la population continuera d’augmenter, explique The Conversation. Même si le taux de natalité recule, il reste un grand nombre de personnes en âge de procréer à l’échelle mondiale, ce qui entraîne davantage de naissances que de décès. “Choisir de ne pas avoir d’enfant au nom du climat se révèle donc désormais insuffisant et inefficace.”

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