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Faut-il aller voir « La Zone d’intérêt » ?

La Zone d’intérêt, film de Jonathan Glazer, en salle le mercredi 31 janvier 2024.  - Credit:DR
La Zone d’intérêt, film de Jonathan Glazer, en salle le mercredi 31 janvier 2024. - Credit:DR

Dès le générique, le ton est donné : sur un écran gris, aucune image mais une bande-son électronique assourdissante, conçue comme le long râle d'un mourant. L'effet est glaçant et semble nous avertir du pire. Puis, l'écran s'ouvre sur quelques pépiements d'oiseaux et le décor bucolique d'un lac et d'une famille qui pique-nique avant d'aller se baigner sous le soleil.

Voici la famille Höss, Rudolf,* sa femme Hedwig et leurs enfants blonds et bien disciplinés. Tous « aspirent à se bâtir une vie de rêve pour leur famille et une maison avec jardin à côté du camp. » On ne le voit pas, mais il s'agit d'Auschwitz-Birkenau, en Pologne, la plus grande usine à mort nazie. Il est défini par le régime comme « la zone d'intérêt », soit un périmètre de 40 kilomètres autour du camp.

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D'où le titre du film du Britannique Jonathan Glazer, 58 ans, qui a remporté le Grand Prix du jury au dernier Festival de Cannes et qui est nommé aux prochains Oscars et César. Un véritable électrochoc, tiré du roman de son compatriote Martin Amis, mort à 73 ans, deux jours avant sa présentation au Festival, il se révèle un cauchemar éveillé sur la banalité du mal. L'histoire ? Celle, donc, du commandant SS du camp d'Auschwitz-Birkenau (1940-1943) Rudolf Höss, qui mène une vie paisible avec sa famille à deux pas des fours crématoires. Le couple se sent bien dans cette grande maison dont le personnel est juif. Pas question de la quitter. Pourtant, lorsque Rudo [...] Lire la suite