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Fashion Week de Paris 2024 : ce qui différencie la Haute Couture du prêt-à-porter, ce n’est pas (seulement) le prix

MODE - C’est le retour de la Fashion Week Haute Couture et de toutes les extravagances. Elle s’est ouverte ce lundi 22 janvier avec le défilé de Schiaparelli, une maison qui a récupéré l’appellation « Haute Couture » en 2017, après plus de 60 ans d’absence de la marque.

La Fashion Week de Paris se clôture, mais à quoi sert-elle encore vraiment ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la Haute Couture ce n’est pas que le luxe ou le haut de gamme. Elle répond à des critères bien précis, qui la différencient du prêt-à-porter. Seule la Fédération de la Haute Couture et de la Mode est habilitée à désigner les maisons pouvant fièrement arborer cette spécificité française.

Qu’est-ce que la Haute Couture ?

Si la mode et ses codes ont d’abord été régis par l’étiquette, en particulier sous Louis XIV, ce n’est que 100 ans plus tard que la Haute Couture commence à faire son apparition, notamment à travers Rose Bertin, la couturière de Marie-Antoinette. Celle qui fut surnommée « ministre de la Mode » a bousculé les normes en créant le principe des tendances.

Alors qu’auparavant les nobles changeaient leurs vêtements lorsqu’ils étaient usés ou en achetaient de nouveaux pour des occasions particulières, Rose Bertin va inciter au renouvellement régulier de la garde-robe. Ce qui attisera d’ailleurs les foudres du peuple envers la reine de France, très friande de ces pièces.

Mais c’est Charles Frederick Worth, considéré comme le « père de la Haute Couture », qui va véritablement en jeter les bases. En 1858, ce Français d’origine britannique crée sa première « Maison de Couture » et révolutionne la mode. Jusqu’alors, les couturiers répondaient seulement aux commandes d’un client. Charles Frederick Worth va inverser ce principe en créant des collections. C’est désormais le couturier qui décide ce que les gens vont porter.

Éviter les contrefaçons

C’est également lui qui crée le concept de « mannequin », appelé « sosie » à l’époque. Il est aussi le premier à apposer sa signature, tel un artiste. Si aujourd’hui les pièces de Chanel, Louis Vuitton ou Christian Dior sont signées de leur logo, ce n’était pas le cas au XIXe siècle.

Les clientes de Charles Frederick Worth appartiennent à la haute société et à l’aristocratie. Il compte parmi elles « Sissi » l’impératrice d’Autriche. Mais tout le monde ne peut pas s’offrir ses vêtements.

Il a tellement de succès que des copies de ses pièces commencent à se propager. Alors pour bien faire la distinction, il crée en 1868 la Chambre syndicale de la Couture, des Confectionneurs et des Tailleurs pour Dame. Celle-ci deviendra la Fédération de la Haute Couture que nous connaissons aujourd’hui et qui, depuis 1945, attribue la fameuse appellation.

L’exception française

L’appellation « Haute Couture » est juridiquement contrôlée et répond à plusieurs critères : il faut que les vêtements soient originaux, mais surtout faits main ; que la maison défile deux fois par an lors de la Fashion Week ; qu’elle ait 25 modèles à chaque passage et un atelier installé à Paris composé d’au moins 20 personnes.

Et même en respectant toutes ces indications, les maisons qui aimeraient avoir l’appellation doivent bien souvent passer par la case « membres invités ». Cette catégorie leur permet de défiler durant la Fashion Week Haute Couture, une manière de faire leurs preuves avant de pouvoir espérer décrocher le titre.

Quant aux maisons qui pourraient être qualifiées de « Haute Couture » si elles n’étaient pas installées à l’étranger, elles ont tout de même droit à un statut particulier, celui de « membres correspondants ». C’est le cas par exemple de Valentino et Versace, qui ont leurs ateliers à Milan, ou encore d’Elie Saab, installée à Beyrouth.

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