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Face au Crif, Macron assure que la France restera "intraitable" vis-à-vis de l'antisémitisme

Le président de la République s'est exprimé concernant la lutte contre l'antisémitisme à l'occasion des 80 ans du Conseil représentatif des institutions juives de France.

Emmanuel Macron a martelé lundi 18 mars devant la communauté juive que l'État continuerait à combattre sans relâche l'antisémitisme, en pleine recrudescence depuis les attaques du Hamas en Israël le 7 octobre, avec "la même fermeté" et la "même intransigeance".

"À chaque fois que réapparaîtra la moindre trace d'antisémitisme, nous serons intraitables, comme nous l'avons toujours été et avant moi, mes prédécesseurs", a-t-il déclaré à l'occasion des 80 ans du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), à l'Élysée.

"C'est le socle qui unit la nation qui est attaqué"

Étaient présents les principaux responsables de la communauté juive, de même que ceux des autres cultes, ainsi que le Premier ministre Gabriel Attal et le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Le gouvernement a été "intraitable pour réprimer l'antisémitisme où qu'il soit, dans la rue, derrière les écrans, dans nos universités", a poursuivi le chef de l'État, en évoquant le cas de Sciences Po Paris. Emmanuel Macron avait dénoncé mercredi 13 mars lors du Conseil des ministres des propos "inqualifiables et parfaitement intolérables" rapportés lors d'une mobilisation pro-palestinienne dans le prestigieux établissement.

"A travers l'antisémitisme, c'est le socle qui unit la nation qui est attaqué", a-t-il pointé.

Le président du Crif, Yonathan Arfi, a déploré que les actes antisémites se soient "multipliés depuis l'abîme du 7 octobre et que notre modèle républicain (soit) attaqué comme jamais auparavant depuis 80 ans". Ils ont bondi en 2023, à 1.676 contre 436 en 2022, selon un rapport du Crif.

"Récupérations douteuses de Marine Le Pen"

"Aujourd'hui l'extrême droite frappe à la porte du pouvoir, l'extrême gauche joue les provocations en attisant l'antisémitisme et le communautarisme et l'islamisme nous déclare ouvertement la guerre", a dit Yonathan Arfi.

Il a dénoncé "les ambiguïtés coupables de Jean-Luc Mélenchon et les récupérations douteuses de Marine Le Pen" sur ce sujet et a par ailleurs réclamé l'instauration d'une commission d'enquête parlementaire sur l'antisémitisme dans les universités.

"Assumer de vivre des désaccords" avec Israël

Yonathan Arfi a demandé enfin que la France montre "la même solidarité et la même confiance à la démocratie israélienne face au terrorisme" qu'elle ne le fait pour l'Ukraine face à la Russie, s'inquiétant de la voir "juger Israël plus sévèrement que d'autres démocraties" dans les instances internationales.

Le chef de l'État a répondu qu'"aimer Israël, vouloir sa sécurité, ce n'est pas souscrire à tous les choix d'un gouvernement démocrate du moment".

"Il faut assumer, comme le permettent les démocraties, de vivre des désaccords", a-t-il ajouté en référence au Premier ministre Benjamin Netanyahu, en appelant à respecter "le droit humanitaire, le droit de la guerre, le droit international" à Gaza.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Sciences-Po : une dérive antisémite ?