Face à la hausse du prix de l’eau, le gouvernement n’envisage pas de bouclier tarifaire

Face à la hausse du prix de l’eau, le gouvernement n’envisage pas de bouclier tarifaire (photo d’Elisabeth Borne et Christophe Béchu prise à l’Elysée le 4 juillet 2022)

Pour le ministre Christophe Béchu, le gouvernement peut plus difficilement agir que sur le prix de l’électricité.

POLITIQUE - À qui le tour ? Après l’électricité, les carburants ou les produits alimentaires, c’est désormais le prix de l’eau qui est en train d’augmenter. La hausse atteint par exemple 10 % en moyenne à Clermont-Ferrand ou 9,5 % à Roubaix (Nord), selon un premier tour d’horizon dressé par Le Parisien le 2 janvier dernier, au lendemain de ces évolutions tarifaires.

Une nouvelle difficulté pour le porte-monnaie des Français… et pour l’exécutif, qui n’a pas prévu, pour l’instant, de la solder. Invité de franceinfo, ce vendredi 6 janvier, le ministre de la Transition écologique a laissé entendre que le gouvernement n’envisageait pas de mettre en place de bouclier tarifaire sur l’eau, contrairement à ce qu’il avait fait sur l’électricité, pour soulager le pouvoir d’achat de la population.

« Il y a un prix national sur les questions d’électricité. Vous avez des leviers, même s’il y a plusieurs fournisseurs… [Sur le prix de l’eau], on est sur un kaléidoscope territorial avec énormément de secteurs », s’est-il justifié, comme vous pouvez le voir ci-dessous, alors que le journaliste lui demandait si un tel dispositif pouvait se mettre en place.

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En clair : il sera moins aisé, pour les pouvoirs publics, de dégainer un mécanisme d’aide pour l’eau, dont les prix varient autant de communes en commune. À Charleville-Mézières, dans les Ardennes, la hausse du prix de l’eau atteindra 13 % cette année, par exemple, quand l’augmentation se cantonne à 6 % pour l’agglomération du Cotentin (Manche), rapporte Le Parisien.

Couper le robinet ?

« Il y a des communes où le prix n’augmente pas, il y a des communes où il augmente. Vous avez autant de situations qu’il y a de territoires », a encore avancé Christophe Béchu sur franceinfo, expliquant ne pas vouloir pénaliser les collectivités qui ont fait des investissements, pour éviter les fuites notamment, au bénéfice de celles qui ont « tardé à le faire. »

Difficile également de ne pas voir derrière cette réticence la volonté du gouvernement de commencer à couper le robinet des aides, qui plus est après l’annonce cette semaine d’aides à destination des boulangers et restaurateurs puis de l’ensemble des artisans.

En parallèle de l’interview de Christophe Béchu sur franceinfo, Olivier Véran a effectivement expliqué sur BFMTV que l’État ne pouvait « pas prendre en charge tous les surcoûts » liés à l’augmentation des prix de l’énergie. « Si nous le faisions, nous entretiendrions cette boucle qui n’est pas vertueuse de hausse du coût de l’énergie et ça entretiendrait l’inflation », a assuré le ministre, interrogé au sujet de la liste qui s’allonge des secteurs réclamant des aides.

« C’est une liste qui n’est pas infinie », a-t-il tranché, avant d’insister : « Si l’État disait ’on paye tous les surcoûts’, ça veut dire que les surcoûts vont augmenter (...) on n’est pas dans le ’quoi qu’il en coûte’, on est dans l’aide adaptée au bon moment pour ceux qui en ont besoin ».

Selon les spécialistes, l’augmentation du prix de l’eau est justement à mettre en lien, notamment, avec la hausse exponentielle des prix de l’électricité depuis le début de la guerre en Ukraine : Les machines nécessaires à l’assainissement de l’eau potable, ou à son traitement, sont particulièrement énergivores.

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