ExxonMobil se rebelle contre la taxe européenne sur les “superprofits” de l’énergie

ERIC PIERMONT / AFP

La plainte contre la taxe, déposée devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), est “la réponse la plus significative à ce jour de l’industrie pétrolière, devenue la cible des gouvernements occidentaux après la flambée des prix de l’énergie consécutive à l’invasion de l’Ukraine”, observe The Financial Times.

Loin de souffrir du conflit, “les géants du pétrole et du gaz ont engrangé des bénéfices de plusieurs milliards de dollars” au cours des derniers mois, “tandis que les consommateurs devaient faire face à des prix de l’énergie ayant plus que doublé”, remarque The New York Times.

Selon le quotidien américain, la taxe devrait coûter 2 milliards de dollars à ExxonMobil sur l’année 2023. Une somme non négligeable, mais à mettre en regard avec les profits de 58 milliards de dollars attendus par le groupe pour 2022 (contre 23 milliards en 2021).

Ce sont ces chiffres mirobolants qui ont décidé Bruxelles à adopter en septembre la “contribution temporaire de solidarité” des groupes énergétiques, un mécanisme permettant aux États membres de l’UE de prélever 33 % des bénéfices imposables de 2022 supérieurs de plus de 20 % à la moyenne des années 2019-2021. La Commission européenne a évalué le pactole à quelque 25 milliards d’euros, destinés à être redistribués aux consommateurs.

La plainte d’ExxonMobil, déposée par ses filiales allemande et néerlandaise, soutient que la mesure est illégale et que la Commission a outrepassé ses pouvoirs en ayant recours à une procédure d’urgence, qui a permis de “court-circuiter le Parlement européen pour faire adopter le texte”, résume Politico.

“Décourager les investisseurs”

Le groupe américain affirme avoir “conscience que la crise énergétique en Europe pèse lourdement sur les familles et les entreprises”, mais il considère que la taxe “va saper la confiance des investisseurs, décourager les investissements, et augmenter la dépendance à l’égard des produits énergétiques et pétroliers importés”.

L’argument selon lequel les investissements seraient menacés par la taxe semble battu en brèche par The Wall Street Journal, qui souligne que les compagnies pétrolières comme ExxonMobil ont déjà “réduit leur présence en Europe au cours des dix dernières années”, avec l’arrivée à maturité des “grandes zones de forage de la région, comme la mer du Nord”.

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