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EXCLU RMC SPORT. Les choix de Luis Enrique, les objectifs du PSG en Ligue des champions... l'interview intégrale d'Al-Khelaïfi dans Bartoli Time

Marion Bartoli: Bonjour, monsieur le président...

Nasser Al-Khelaïfi: "Bonjour, ravi de vous voir."

Merci de prendre un peu de votre temps pour mon émission Bartoli Time. Je sais que vous avez eu une semaine extrêmement longue, vous avez été partout, mais vous êtes-là, à Doha, pour le Premier Padel Major, un nouvel événement que vous êtes en train de développer. Quelle est votre ambition avec ce sport? Je sais que vous êtes passionné de padel, je vous voyais pendant les matchs. Qu’est-ce que vous voulez faire avec ce sport?

L’emmener au top, que ce soit l’un des meilleurs sports du monde. Aujourd’hui, c’est le sport qui grandit le plus vite dans le monde. On est passionné par le padel, le tennis aussi.

Jouez-vous au padel?

Oui, et je me suis blessé (rires). J’ai très hâte de revenir jouer. C’est un sport incroyable. Vous pouvez jouer avec la famille, vous pouvez jouer avec les enfants. Des gens plus jeunes, des gens plus vieux que vous, plus forts que vous, moins forts que vous. C’est vraiment un sport incroyable. C’est le seul sport où vous pouvez vous amuser, et vous vous sentez compétitifs. Même quand vous ne jouez pas bien.

Monsieur le président, vous êtes un très bon joueur de tennis...

Pas autant que vous (rires).

J’adorerais faire un match avec vous un jour. Je viens même de vous offrir ma raquette. Vous avez représenté le Qatar à la Coupe Davis pendant plus de dix ans. Le tennis vous a beaucoup fait voyager. C’est toujours important pour vous d’avoir un pied dans le tennis? Vous êtes le directeur du Qatar Tennis Open ici. Quel est votre rôle dans le monde du tennis aujourd’hui?

Oui, écoutez, le tennis c’est dans mon sang. J’ai joué au tennis toute ma vie. Le tennis m’a beaucoup donné. Et je crois que j’ai beaucoup appris grâce au tennis. Je dis toujours que j’ai appris des choses à l’université et à l’école. Mais le tennis m’a appris des choses que je n’avais jamais apprises à l’école ou à l’université. D’abord, évidemment, l’éducation vient des parents mais dans la vie je pense que le tennis m’a appris à être fort mentalement. Comment faire des choix dans les moments importants. Comment être calme dans les atmosphères les plus chaudes, quand vous êtes stressés, que vous devenez fou. Pour tout ça, le tennis m’a tellement appris, vraiment. Comment être moi-même.

Évidemment, Bartoli Time est une émission française, diffusée en direct en France. Beaucoup de gens en France vous connaissent pour votre rôle au Paris Saint-Germain. Comme vous dites, le tennis vous a aidé à vous calmer. Parfois, il y a beaucoup de pression autour du football. Pouvez-vous nous dire une chose que vous avez accompli avec le Paris Saint-Germain dont vous êtes vraiment fier? Vous avez quand même mis Paris sur la carte du foot...

Vous savez, avant quand je voyageais en Asie, ou aux USA par exemple, je voyais les maillots des autres clubs, pas du Paris Saint-Germain. Maintenant quand je vais à Miami, à Los Angeles, au Japon, en Corée du Sud évidemment maintenant, en Australie, je vois le maillot du Paris Saint-Germain partout. Et ça me rend tellement fier. Honnêtement d'amener la marque et les maillots du Paris Saint-Germain partout à travers le monde, c’est quelque chose d’unique pour moi, et je me sens vraiment... Je suis une petite partie de tout ça, avec une équipe incroyable autour de moi. Mais je pense qu’on a fait des choses incroyables avec la marque. Et ça, ça me rend très fier. Quelque chose d’autre qui me rend fier, c’est quand je vois mon joueur se battre pour le maillot, se battre pour le logo du club, ça me rend tellement fier aussi.

Vous avez accompli quelque chose que nous pensions, en tant que fans de foot, ne jamais voir dans le championnat français, c’est à dire amener des joueurs que nous ne pensions jamais voir jouer sur un terrain français. Je parle d’Ibrahimovic, de Neymar, de Messi. Quand vous étiez jeunes, ici au Qatar, vous rêviez, un jour, de rencontrer ce genre de joueurs, de les faire jouer pour vous au Paris Saint-Germain? Ou alors est-ce que ce que vous avez accompli dépasse vos rêves?

Ça fait partie du projet, de grands joueurs qui sont aussi de très bons joueurs. Ce ne sont pas seulement des noms, ils sont incroyables, les meilleurs joueurs du monde. C’est un honneur qu’ils aient joué pour notre équipe, pour notre club évidemment, et ça faisait aussi partie de la stratégie. Maintenant, vous savez, on a un nouveau cycle. Mais évidemment, tout ça nous rend tous fiers. Et il y a eu ces joueurs que personne ne pensait voir un jour avec le maillot du PSG.

Vous avez parlé d’un nouveau cycle. Vous avez présenté la plus jeune équipe de l’histoire du PSG (contre la Real Sociedad en 8e de finale retour de la Ligue des champions), évidemment Kylian (Mbappé) ne va pas y rester. Vous voyez le PSG, dans les cinq, dix prochaines années, avoir cette jeune équipe qui s’assemble et gagne ensemble la Ligue des champions?

Écoutez, la Ligue des champions c’est une longue histoire. Nous en parlerons peut-être à l’avenir. Nous avons dit au début de la saison que nous voulions construire une équipe pour l’avenir. Une équipe qui peut vraiment jouer ensemble pendant encore six à huit ans. Nous avons la plus jeune équipe des quarts de finale. Nous avons la plus jeune équipe parmi les dix meilleurs clubs européens. Ça nous rend fier, et c’est vraiment génial que nous soyons en train de suivre cette stratégie avec des jeunes joueurs, Français aussi, pour accomplir le maximum. Tout le monde a vu le dernier match.

Kylian (Mbappé) a marqué deux buts...

C’était un match incroyable mais il y a encore un long chemin avant d’atteindre de grands objectifs. C’est la première étape, match par match, il y a un long chemin et ça ne sera pas facile, ça c’est sûr. Il y a les huit meilleures équipes en quart de finale. Ce que je demande, c’est que tout le monde travaille tous les jours, aux entraînements, à chaque match, tout donner. C’est tout. Il n’y a pas de grandes attentes, nous voulons vraiment penser à l’avenir.

Mais vous voulez gagner. Vous êtes un gagnant non?

Évidemment! Les joueurs veulent gagner tous les matchs. Mais il faut aussi qu’on soit réalistes. On construit une équipe. La plupart des joueurs sont nouveaux, presque. Lors du dernier match, seulement deux ou trois joueurs jouaient l’année dernière. On construit une nouvelle équipe, donc ce n’est pas facile. Les joueurs ne sont pas prêts juste parce qu’on les met ensemble. Je suis fier aussi de notre entraîneur (Luis Enrique), qui fait un travail formidable. Il fait un travail incroyable en construisant tout ça. Ce n’est pas juste une question de résultats, c’est aussi la façon dont nous jouons, la stratégie, la vision. Je suis aussi très fier du directeur sportif (Luis Campos), qui fait aussi un travail fantastique. Tous les joueurs aussi. Nous sommes vraiment contents. Merci aussi à nos supporters, ils étaient incroyables face à la Real Sociedad. Je suis fier d’eux. Ils ont mis une ambiance incroyable. C’est une ambiance très compliquée là-bas, mais vraiment, faites moi confiance, je ne pensais pas que j’allais les entendre. Mais aussi là-bas, on les entendait fort, et je suis vraiment fier d’eux. Merci à eux.

Merci beaucoup, et bonne chance pour la suite.

Article original publié sur RMC Sport