Eurovision: au-delà de la dimension artistique, des alliances géopolitiques

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Des drapeaux durant l'Eurovision 2014 au Danemark - Jonathan Nackstrand - AFP
Des drapeaux durant l'Eurovision 2014 au Danemark - Jonathan Nackstrand - AFP

Plus de quarante ans de malédiction. Depuis Marie Myriam en 1977, la France n'a pas remporté une seule fois le concours de l'Eurovision. Le classement honorable d'Amir, à la 6e place, en 2016 et de Patricia Kaas, 8e en 2009, ou avant eux de Sandrine François, 5e en 2002 et de Natasha Saint-Pier, 4e l'année précédente, ne sont que quelques embellies dans deux décennies de résultats décourageants.

Doit-on pour autant imputer cette disgrâce au manque de talent des Français à l'Eurovision? Non, car en coulisses du show kitsch et pailleté, se jouent d'autres enjeux.

"Des pays votent de manière conjointe"

"Il est évident que les modalités du vote à l'Eurovision sont doubles", analyse ainsi Florent Parmentier enseignant à Science Po et directeur d'EurAsia Prospective, interrogé ce samedi sur BFMTV.

"C'est à la fois un jury qui remet ses avis et puis c'est aussi un vote populaire. (...) Il est tout à fait frappant d'observer que des pays votent de manière conjointe, soutiennent souvent les mêmes candidats. On a pu observer cela en Europe du nord des années 1970, et plus récemment depuis les années 1990, l'Europe centrale et orientale, a tendance à voter de concert. Ca ne marche pas systématiquement. Il faut aussi de bonnes candidatures".

"Il y a à la fois la dimension artistique, culturelle, pop, propre à l'Eurovision. Et puis il y a également des recompositions des pays, des modalités de vote, qui favorisent tel ou tel pays."

Potentiel artistique

Le classement de la France à l'Eurovision serait-il le symbole de son manque d'alliés sur la scène internationale? Pas forcément.

"Il n'est pas nécessaire d'avoir tous les alliés sur le plan international pour s'imposer", tempère ainsi Florent Parmentier. "On a pu observer que des Etats clivants au niveau international, comme la Russie ou Israël, ont pu obtenir des soutiens, simplement parce qu'ils s'étaient conformés à l'idée qu'on se fait d'une chanson de l'Eurovision. Il n'est donc pas impossible de miser sur une victoire reposant sur le potentiel artistique. Mais il est vrai que la France se caractérise peut-être par l'inexistence d'un bloc latin qui voterait entre soi."

Il ne reste donc plus qu'à espérer que Barbara Pravi, encore classée dans le trio de tête par les bookmakers, à quelques heures de la cérémonie, saura convaincre par son talent.

Article original publié sur BFMTV.com

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