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Les eurodéputés demandent de repenser la Politique agricole commune

Les agriculteurs ciblent les grandes séquences politiques de l'UE. Après le sommet européen à Bruxelles la semaine dernière, ils se sont mobilisés à Strasbourg au pied du Parlement européen. Les eurodéputés ont organisé un débat sur la plus importante crise de ces dernières années du secteur.

Le secteur demeure le premier bénéficiaire des fonds européens. Le budget à long terme de l'UE, pour la période 2021-2027, dispose d'une enveloppe de 1 216 milliards d'euros dont un tiers, soit 386 milliards d'euros, est consacré à la PAC (Politique agricole commune).

Pour l'ancien commissaire européen en charge de ce dossier, Dacian Ciolos, le système est dépassé.

"Le problème, c'est la manière dont l'argent a été utilisé et partagé. A mon avis, les paiements directs découplés que nous avons depuis plusieurs décennies ne sont pas adaptés aux besoins sociaux liés aux activités agricoles", explique l’eurodéputé libéral.

"Si vous interrogez les agriculteurs, ils ne demanderont pas plus de subventions, mais un meilleur prix pour leur production".

Pour les Verts, le cœur du problème réside dans le fait que 80 % de l'argent finit dans les mains des acteurs industriels et des grandes entreprises agricoles. Les petits producteurs ne sont généralement pas subventionnés, mais ils demeurent soumis à la pression des chaînes de distribution qui font baisser les prix.

"Ces personnes sont donc écrasées. Si l'on veut changer cela, il faut d'abord modifier la structure du marché et limiter le pouvoir de marché des fournisseurs et, surtout, de leurs clients : les grands détaillants et l'industrie agricole, afin que les vrais agriculteurs puissent vivre de leur travail", insiste Philippe Lamberts, co-président du groupe écologiste au Parlement européen.

"Ensuite, ils doivent être récompensés par la PAC pour tous les services qu'ils rendent à la société, tels que la restauration de la qualité de l'eau et de la biodiversité, qu'ils ne peuvent pas vendre".

De l'autre côté de l'échiquier politique, certains appellent à la fin des subventions pour le secteur.

"Les agriculteurs tchèques ne cessent de recommander la suppression de toutes les subventions. Nous sommes prêts à faire face à la concurrence, mais dans le cadre d'une concurrence loyale", assure l’eurodéputé tchèque Alexandr Vondra (CRE).

Une réforme en profondeur de la PAC n'est pas à l'ordre du jour, les subventions sont fixées jusqu'à la fin de la période budgétaire actuelle, à savoir en 2027.