"Il y a eu des comportements inadmissibles": un démissionnaire des Restos du Cœur à Fréjus témoigne

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L'équipe locale des Restos du Coeur à Fréjus (Var) a démissionné la semaine dernière car elle refusait de servir des personnes sans-papiers. - BFMTV
L'équipe locale des Restos du Coeur à Fréjus (Var) a démissionné la semaine dernière car elle refusait de servir des personnes sans-papiers. - BFMTV

Il évoque "des problèmes de sécurité". Hervé figure parmi les bénévoles des Restos du Cœur à Fréjus qui ont quitté l'association car ils refusent de servir des personnes sans-papiers. Interrogé par BFMTV, il explique ce choix par des tensions et des actes "inadmissibles" et "inqualifiables" de la part de certains bénéficiaires.

"Il y a environ deux ans, tout le monde était accueilli aux Restos du Cœur, y compris les migrants et les sans-papiers, raconte le bénévole sur notre antenne. Il s'avère que pendant cette période, il y a eu des comportements inadmissibles, il y a eu des insultes, des menaces, des boîtes de conserve jetées au visage des bénévoles..."

"Je ne vais pas fermer le centre pour punir toutes les autres personnes"

Hervé explique avoir remonté avec ses collègues l'information auprès de l'association départementale, qui a alors proposé deux choix aux bénévoles du centre: l'interdiction d'accès au centre aux gens qui se comportent mal, ou bien la fermeture de celui-ci.

"On n'a pas choisi la première (option, ndlr) car quelqu'un qui est de mauvaise humeur, qui a un mauvais comportement, si on ne lui distribue pas, je pense que ça va être pire", poursuit Hervé, qui explique avoir aussi refusé le second choix: "je ne vais pas fermer le centre pour punir toutes les autres personnes qui se comportent bien."

"Il a été choisi une troisième solution: demander à tous les travailleurs sociaux travaillant avec les migrants de venir les inscrire en même temps et donc, dès qu'il y avait un problème avec un migrant, on remontait l'information au travailleur social qui s'occupait de régler le problème", ajoute-t-il.

Dans les cas des sans-papiers n'ayant pas de travailleurs sociaux, il était alors impossible aux bénévoles de les inscrire: "dans les directives Restos du Cœur, il nous est demandé au niveau national de demander un certain nombre de papiers aux gens".

"La première ligne de cette liste, c'est de demander une carte d'identité ou une carte de séjour. Par définition, un sans-papiers ne peut pas vous fournir ces documents, et on nous parle d'accueil inconditionnel. Sauf qu'une des premières conditions pour être inscrit aux Restos du Cœur, c'est la condition de revenus", affirme Hervé.

"Si vous refusez de prendre des clandestins, vous ne pouvez pas rester"

Le bénévole assure toutefois que les sans-papiers reçoivent toutefois un colis de dépannage lors de leur venue: "ils ne repartent jamais les mains vides, mais on ne les inscrit pas parce qu'on n'a pas les documents demandés".

"Le problème de fond, ce n'est pas d'acueillir ou pas des sans-papiers. C'est qu'il y a eu des problèmes de sécurité", soutient Hervé, qui raconte avoir été confronté à un dilemme de la part des directions de l'association. "On nous a dit clairement: si vous refusez de prendre des clandestins, vous ne pouvez pas rester."

Hervé, comme la quasi-totalité des bénévoles, a donc choisi de démissionner du centre. Aujourd'hui, c'est l'association départementale qui récupère la gestion du centre. Celui-ci rouvrira dans les prochains jours avec une nouvelle équipe.

Article original publié sur BFMTV.com

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