Etats-Unis: Joe Biden fait de la défense des minorités sexuelles un axe fort de sa diplomatie

Mélanie Rostagnat avec AFP
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Le président américain Joe Biden lors d'un discours sur la politique étrangère au département d'Etat, le 4 février 2021 à Washington - SAUL LOEB © 2019 AFP
Le président américain Joe Biden lors d'un discours sur la politique étrangère au département d'Etat, le 4 février 2021 à Washington - SAUL LOEB © 2019 AFP

Joe Biden, qui a promis une politique étrangère porteuse des "valeurs démocratiques" de l'Amérique, a érigé la défense des droits des minorités sexuelles dans le monde en priorité, plus que tout autre président des Etats-Unis avant lui, et en rupture avec Donald Trump. Le démocrate a notamment relancé une initiative prise en 2011 par Barack Obama pour "promouvoir les droits humains des personnes lesbiennes, gay, bisexuelles, transgenres, queer et intersexes (LGBTQI) à travers le monde".

Dans son premier discours de politique étrangère, le président Biden a demandé jeudi aux agences américaines présentes à l'étranger de présenter dans les 180 jours un plan d'action pour en faire un axe fort de leurs interventions.

"Tous les êtres humains doivent être traités avec respect et dignité et doivent pouvoir vivre sans avoir peur, peu importe qui ils sont et qui ils aiment", a-t-il écrit dans un memorandum présidentiel dévoilé le même jour.

Nomination d'un émissaire spécial

Tout en annonçant une hausse spectaculaire du nombre de réfugiés qui seront accueillis aux Etats-Unis, après un tour de vis tout aussi drastique sous l'ère Trump, Joe Biden a notamment promis de "protéger les demandeurs d'asile LGBTQ" et a demandé à son gouvernement de combattre les lois discriminatoires à l'étranger.

Un émissaire spécial va être nommé pour "renforcer encore l'attention sur ces questions", a déclaré un haut responsable du département d'Etat.

Un tournant dont se réjouissent les militants LGBT. "Que le président Biden publie ce memorandum présidentiel très complet aussi tôt en début de mandat, cela montre clairement qu'il s'agit d'une priorité politique pour lui", estime Jessica Stern, du groupe de pression OutRight Action International.

Dans le sillage de l'administration Obama

Les leçons des années Obama peuvent être utiles à l'administration Biden. L'ex-président démocrate avait coupé l'aide ou annulé le statut commercial préférentiel de l'Ouganda et de la Gambie en riposte à des lois punissant l'homosexualité de peines de prison. Mais cette ligne dure avait aussi poussé d'autres pays, comme le Nigeria, à adopter leurs propres lois draconiennes.

Pour autant, les progrès sont sensibles, bien que lents. Les relations homosexuelles sont désormais légales dans près des deux-tiers des pays, et 28 d'entre eux autorisent le mariage entre personnes du même sexe, selon l'International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association.

Non seulement Donald Trump n'avait pas défendu cette cause, mais il est même revenu sur plusieurs droits acquis des personnes trans aux Etats-Unis. Son secrétaire d'Etat Mike Pompeo était un fervent chrétien évangélique qui n'a jamais caché son opposition au mariage gay et à qui ses détracteurs ont reproché des déclarations passées assimilant l'homosexualité à une "perversion".

Il a limité les visas pour l'entrée aux Etats-Unis des partenaires de diplomates étrangers homosexuels et interdit aux ambassades américaines d'arborer le drapeau arc-en-ciel les jours de "Gay Pride", ou Marche des fiertés. Cet ultraconservateur a aussi mis l'accent sur la défense des "droits inaliénables", une formule controversée dénoncée par de nombreuses associations comme une manière de restreindre le champ des droits humains en s'appuyant sur une interprétation religieuse, au détriment notamment des droits des minorités sexuelles.

Article original publié sur BFMTV.com