États-Unis : mettre un genou à terre, d'où vient ce geste en hommage à George Floyd ?

Des manifestants mettent un genou à terre devant le commissariat de Detroit, le 30 mai.

Ce geste a été rendu populaire par un joueur de football américain en 2016, Colin Kaepernick, pour dénoncer les violences subies par la communauté noire aux Etats-Unis.

Mettre un genou à terre pour rendre hommage à George Floyd. Ce geste se multiplie partout dans le monde pour rendre hommage à ce Noir américain dont la mort suite à une interpellation a marqué l’opinion publique.

Alors que les manifestations pour réclamer que justice soit faite se multiplient aux Etats-Unis et dans certaines grandes villes, ce geste est largement repris par les manifestants.

Il est même repris par les forces de l’ordre aux Etats-Unis, pour montrer leur solidarité avec les manifestants dans plusieurs villes. Un geste salué par les protestataires.

Le geste symbolique fait même le tour du monde. À Montréal au Canada, des dizaines de manifestants réclamant que justice soit faite ont à leur tour mis un genou à terre.

Le monde du sport a également repris le geste. Le footballeur français Marcus Thuram, qui évolue au Borussia Mönchengladbach en Allemagne, a célébré son but en mettant le genou à terre.

Un geste né en 2016

Ce geste symbolique n’est pas nouveau. Il avait été popularisé par un joueur de football américain, Colin Kaepernick. Le 26 août 2016, ce joueur des San Francisco 49ers décide de s'agenouiller avant un match, alors que l'hymne américain résonne dans le stade de San Diego.

La tradition veut que les joueurs soient, à cet instant, debout avec la main sur le coeur. Un geste symbolique de rébellion, comme l’explique alors le joueur : “Je ne veux pas me lever pour saluer un drapeau qui opprime les Noirs et les gens de couleur". Objectif de son geste : dénoncer le racisme dont sont victimes les Noirs américains, et particulièrement les violences policières.

Un geste jugé “exécrable” par Trump

Le geste est largement repris dans les jours qui suivent par d’autres sportifs aux Etats-Unis. De quoi indigner une partie des Américains attachés au symbole de l’hymne national. Alors en campagne présidentielle en 2016, Donald Trump qualifie ce geste “d’exécrable”, et conseille au joueur de “chercher un pays mieux adapté”. 

L’année suivante, lors d’un meeting dans l’Alabama, Donald Trump en remet une couche : "Est-ce que vous n'aimeriez pas voir un de ces propriétaires de NFL dire, quand quelqu'un manque de respect à notre drapeau, 'sortez-moi ce fils de p*** du terrain, il est viré, viré !'", lance-t-il le 22 septembre 2017.

Un geste symbole d’opposition à Trump

La réaction des joueurs de NFL ne se fait alors pas attendre. Le dimanche suivant, environ 150 joueurs dans tout le pays mettent un genou au sol durant l’hymne américain pour dénoncer les propos du président Trump. Sur Twitter, le président s’offusque et demande aux supporters de boycotter les matchs des équipes dont des joueurs ont mis le genou à terre.

Le geste devient ensuite un symbole d’opposition à Donald Trump.Il est repris notamment par Stevie Wonder ou encore Pharrell Williams. Le mouvement #Takeaknee (poser un genou au sol, ndlr) est né.