États-Unis : une vidéo montrant des enfants noirs menottés au sol sans raison fait scandale

Maxime Poul
·4 min de lecture
La vidéo montrant deux jeunes filles de 17 et 12 ans menottées au sol et deux autres de 6 et 14 ans allongées sur le ventre fait scandale aux États-Unis.

Nouveau scandale aux États-Unis après que des policiers ont sorti leur arme, menotté et forcé toute une famille noire, dont plusieurs enfants, à se mettre au sol face contre terre suite à une erreur d’identification de véhicule.

C’est une nouvelle vidéo impliquant la police qui fait grand bruit de l’autre côté de l’Atlantique. La scène s’est déroulée le 2 août dernier à Aurora dans le Colorado, alors qu’une femme et quatre membres de sa famille, âgées de 6, 12, 14 et 17 ans, se trouvaient dans leur voiture, comme le rapporte le New York Times.

La conductrice et les quatre mineurs se rendaient dans un salon de manucure et se trouvaient dans un véhicule sur le parking, lorsque la police d’Aurora est intervenue. Les policiers ont ordonné à tous les occupants du véhicule d’en sortir et de s’allonger au sol, tout en menottant la mère de famille et deux mineures de 12 et 17 ans. Une personne présente sur le lieu des faits a pris une vidéo avant de la partager sur les réseaux sociaux, ce qui a suscité l’indignation contre la police de la ville d’Aurora, déjà fortement critiquée suite à des manifestations cet été et bien d’autres scandales.

Les agents confondent le SUV avec une moto

Sur la vidéo, on aperçoit la conductrice Brittney Gilliam menottée et les quatre jeunes filles toutes au sol, face contre terre en train de crier et de pleurer. Deux d’entre elles sont également menottés, sous la surveillance des policiers. Des témoins ont raconté que les policiers avaient sorti leur arme à feu quelques minutes auparavant.

À l’origine de cette arrestation, une histoire de vol de véhicule mais surtout une grossière bourde de la police. Alors que dans la matinée le vol d’un véhicule leur est signalé, la police arrête le véhicule de Brittney Gilliam, dont la plaque d’immatriculation correspond au véhicule volé. Sauf que la plaque d’immatriculation du véhicule provenait d’un autre État, ce que les policiers n’ont pas vérifié au préalable. Si toutes les informations avaient été vérifiées correctement par les agents, ils se seraient rendus compte que le SUV de Brittney ne correspondait pas à la moto déclarée volée le matin même, comme le signale le Denver Post.

Dans un communiqué publié le jour même, la police a déclaré que les agents étaient formés pour faire un “arrêt à haut risque” lors d’une interpellation pour une voiture volée, ce qui implique de sortir les armes, de dire aux occupants de sortir de la voiture et de les faire s’allonger sur le sol. Mais Vanessa Wilson, chef de la police d’Aurora, a tenu à s’excuser dès le lendemain des faits en admettant que les policiers avaient commis “une erreur”. Elle a reconnu que les policiers doivent avoir le pouvoir discrétionnaire de s’écarter de cette procédure en fonction des différents situations auxquelles ils sont confrontés.

“Si c’était une famille blanche, cela ne serait jamais arrivé”

La chef de la police d’Aurora a déclaré qu’elle aurait aimé que l’un des agents se dise : “Quelque chose ne va pas, je ne vais pas mettre ce petit enfant au sol, mais malheureusement, cela ne s’est pas produit”, avant de rappeler que les policiers se sont rendus compte de leur erreur “peu de temps” après avoir menotté les membres de la famille.

Elle a également annoncé que la ville proposait à la famille une prise en charge psychologique pour les enfants, mais n’a toujours pas reçu de réponse. De son côté, Brittney Gilliam a déclaré qu’elle n’avait pas envie d’entendre les excuses ou les explications de la police en ajoutant : “Si c’était une famille blanche, cela ne serait jamais arrivé”.

Les agents impliqués vont quant à eux faire l’objet d’une enquête interne et sont maintenus à leur poste en attendant le résultat.

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