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En Espagne, « Zorra » la chanson de l’Eurovision fait polémique et force le gouvernement à s’en mêler

La chanson qui représentera l’Espagne au Concours de l’Eurovision en mai, est loin de faire l’unanimité. Les associations féministes locales dénoncent les paroles sexistes du morceau.

INTERNATIONAL - Un message incompris. Le prochain Concours de l’Eurovision aura lieu à Malmö, en Suède du 7 au 11 mai 2024. C’est le duo Nebulossa qui a été choisi samedi 3 février 2024 au soir à Benidorm, pour défendre les couleurs de l’Espagne. Ils interpréteront leur chanson « Zorra », qui signifie littéralement « renarde ».

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Cherchant à se réapproprier une insulte sexiste, la chanson est pourtant loin de faire l’unanimité. Car le mot « Zorra » a aussi un autre sens en espagnol. Celui d’une insulte pour désigner une prostituée ou une femme qui multiplie les partenaires, que l’on pourrait traduire en français par « chienne » ou « catin ». « Je sais que je ne suis qu’une chienne (...) l’incomprise », chante notamment María Bas, accompagné du claviériste Mark Dasousa.

Résultat, un tollé des mouvements féministes qui a poussé le gouvernement à prendre position en faveur de cette chanson.

Une chanson féministe qui ne convainc pas

« On m’a souvent appelé ’chienne’. Ce titre est une manière de transformer ce mot en quelque chose de beau », dans le sens de « savoir ce que l’on veut », a expliqué la chanteuse de 55 ans à la Radio-Télévision publique espagnole (RTVE) après sa victoire au festival de Benidorm, qui désigne chaque année la chanson représentant l’Espagne à l’Eurovision.

Des paroles et un message dénoncés par plusieurs associations féministes espagnoles, qui ont exigé le retrait de la chanson de l’Eurovision. La chanson « insulte les femmes de manière machiste », a ainsi lancé dans un long communiqué le Mouvement féministe de Madrid, qualifiant d’« absurdité » le fait de « prétendre laver l’offense en répétant qu’il s’agit de donner plus de pouvoir à la femme ».

Une interprétation libre du message

La polémique a conduit le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez à se prononcer sur le sujet. « Le féminisme n’est pas seulement juste, mais aussi divertissant, c’est pourquoi ce type de provocation doit nécessairement venir de la culture », a-t-il commenté lundi sur la chaîne Sexta. La ministre de l’Égalité, Ana Redondo García, a elle aussi défendu une « chanson drôle, qui rompt les stéréotypes ».

L’organisateur de l’Eurovision, l’Union européenne de Radio-Télévision (UER), a validé le choix de cette chanson pour représenter l’Espagne en déclarant qu’elle comprenait qu’il existait « beaucoup d’interprétations du titre de la chanson » choisie par la RTVE.

Citée par plusieurs médias espagnols, l’UER a donc « conclu que la chanson (était) éligible pour participer au concours de cette année ».

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