En Espagne, la réserve naturelle “assoiffée” de Doñana est en péril

“El País Semanal”

“Le cri de Doñana”, titre en une El País Semanal dans son édition du dimanche 30 octobre, comme si ce célèbre parc national d’Andalousie, classé à l’Unesco, lançait un SOS afin d’être sauvé.

Et pour cause, cette zone humide “assoiffée” du sud de l’Espagne, où se trouve la plus grande réserve naturelle d’Europe, souffre “d’extractions, depuis des décennies, afin de fournir de l’eau à l’agriculture intensive de fruits rouges et au tourisme”, développe l’hebdomadaire espagnol sur son site.

“La sécheresse interminable” des derniers mois, qui frappe l’ensemble de la péninsule Ibérique, semble avoir porté “le coup de grâce” à cette réserve située sur la rive droite du fleuve Guadalquivir, et qui abrite, entre autres, des marais, des ruisseaux et des dunes.

En Espagne, les précipitations étaient de 25 % en dessous de la normale sur l’ensemble du territoire entre le 1er octobre 2021 et le 30 septembre 2022, voire jusqu’à -50 % dans certains endroits, selon les estimations.

Le manque d’eau fragilise les écosystèmes. À Doñana, la journaliste d’El País Semanal Esther Sánchez évoque un “désastre écologique” et assure que “même la végétation la plus résistante subit les ravages de la raréfaction des précipitations”.

Stop aux cultures agricoles illégales

Que dire de la faune – “des milliers de canards, d’oies, de jars…” à l’automne ; “des chevaux, des vaches, des cerfs ou des sangliers” au printemps et durant l’été –, qui déserte les 54 000 hectares de ce parc national qui s’étend entre les provinces andalouses de Huelva, de Séville et de Cadix.

Selon les relevés de la station biologique de Doñana, rattachée au Conseil supérieur de la recherche scientifique espagnol, seulement 87 500 oiseaux étaient recensés en juillet 2022, “ce qui est bien loin du chiffre de l’année précédente, qui était d’un peu plus de 470 000”, s’inquiète El País Semanal.

Comme l’indique le magazine, des associations de défense de l’environnement font pression sur les pouvoirs publics pour freiner “la croissance des cultures [agricoles] illégales”, qui vident les nappes phréatiques de Doñana.

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