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Une espèce migratrice sur cinq est menacée d’extinction, selon ce rapport de l’ONU

Une espèce migratoire sur cinq est menacée d’extinction selon un tout nouveau rapport de l’ONU.
HuffPost Une espèce migratoire sur cinq est menacée d’extinction selon un tout nouveau rapport de l’ONU.

BIODIVERSITÉ - Le gorille, le jaguar, les dauphins… Ces animaux, comme des milliers d’autres vivent en parcourant de longues distances. Et c’est peut-être ce qui va causer leur perte. À l’occasion de l’ouverture ce 12 février de la 14e conférence des Nations Unies sur la conservation de la faune sauvage (CMS COP14) , l’ONU a dévoilé un rapport édifiant sur les espèces migratrices.

Il recense les différentes pressions que subissent les animaux migrateurs et la conclusion est bien triste. 44 % des espèces migratrices voient leur population diminuer. Pire, plus d’une espèce sur cinq (22 %) est menacée d’extinction. Pour Kelly Malsch, autrice principale du rapport, « l’histoire des espèces migratrices est une histoire de déclin ».

À l’échelle mondiale, le risque de disparaître augmente, partout. Ce constat est peut-être même plus grave lorsque l’on sait que 399 espèces migratrices menacées ou quasi menacées d’extinction ne sont actuellement pas répertoriées dans la CMS (pour Conservation of Migratory Species). « Jaguars, lions, chimpanzés, tortues de mer, dauphins, grandes baleines, lions… L’idée que l’on pourrait perdre ces espèces devrait provoquer un sursaut », alerte Amy Fraenkel, secrétaire exécutive de la CMS.

97 % des poissons migrateurs menacés

Le rapport passe au crible la situation de près de 1 189 espèces prioritaires, parmi les 4 508 espèces migratrices qui font l’objet d’une évaluation mondiale par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). « L’un des constats clés de ce rapport est le déclin des poissons, et notamment des requins et des raies », souligne Kelly Malsch, autrice principale du rapport.

Les populations des espèces de poissons étudiées ont chuté de 90 % depuis 1970. Pour les poissons migrateurs, 97 % d’entre eux sont aujourd’hui menacées d’extinction. Les reptiles sont aussi particulièrement menacés. D’autres espèces se portent mieux, mais ce n’est pas non plus joyeux.

« Si la proportion d’oiseaux et de mammifères menacés semble plus petite (en raison du grand nombre d’oiseaux et de mammifères répertoriés dans l’ensemble des annexes), ces pourcentages représentent tout de même un grand nombre d’espèces qui nécessitent une action de conservation », précisent les auteurs. Côté insecte, le seul figurant dans les annexes est le papillon monarque.

Tout est de la faute des humains

À l’origine de ce déclin, il y a l’activité humaine. Les principales causes sont la fragmentation des habitats et la surexploitation.

Dans le premier cas, le développement de l’agriculture semble en être la principale raison. Depuis 2004, le nombre d’hectares cultivés a presque doublé, passant de 5,1 millions d’hectares en 2004 à 9 millions d’hectares en 2019. À cela s’ajoute l’artificialisation des sols, l’urbanisation et les animaux se retrouvent délogés de leurs habitats.

Pour ce qui est de la surexploitation, on compte par exemple entre 11 et 36 millions d’oiseaux tués illégalement chaque année juste dans la région méditerranéenne. Pour les requins, ce chiffre est d’environ 75 millions par an et augmente malgré les réglementations. Cette surpêche met de nombreuses espèces en danger car elles se reproduisent lentement. Même constat pour les cétacés, lamantins, dugongs et autres tortues marines, qui sont parfois simplement utilisés comme appât.

À cette situation déjà très compliquée s’ajoute d’autres sources d’inquiétude comme la contamination systématique des écosystèmes aux pesticides et plastiques. Un rapport publié fin 2023 par la CMS présente également l’impact catastrophique du réchauffement climatique sur de nombreux animaux.

Protéger au-delà des frontières

Pour enrayer le déclin, les auteurs présentent plusieurs recommandations qui seront discutées lors de cette COP 14. Entre autres, il y a la poursuite du travail d’identification sur des endroits clés des routes migratoires, encourager et développer les corridors écologiques (passage reliant plusieurs espaces naturels).

Concernant la pêche, l’objectif est de limiter les prises accessoires ou encore de s’assurer que les législations sont bien mises en œuvre. Mais cela ne suffira pas, et « il y a aussi beaucoup de secteurs, comme l’agriculture ou la pêche, pour lesquels ce sont aux gouvernements d’agir », insiste Amy Fraenkel, l’un des auteurs du rapport.

Si le rapport est particulièrement alarmiste, il y a quelques sources d’espoir. « La conservation et la restauration des espèces et de leurs habitats sont possibles. Un excellent exemple est l’antilope de Saiga », souligne Kelly Malsch. Il y a vingt ans, il n’en restait que 50 000 individus au Kazakhstan. Aujourd’hui, leur population s’élève à 1,3 million grâce au travail conjoint du gouvernement et des ONG.

Autre exemple avec le zèbre de Burchell : au Botswana, ce dernier a repris sa migration historique après la suppression de clôtures à un endroit clé, le delta de l’Okavango.

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