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Cette espèce de manchot fait plus de 10 000 siestes par jour (et c’est une question de survie)

Les Pygoscelis antarcticus, ou manchots à jugulaire, comme ceux photographiés ici en novembre 2019 font plus de 10 000 siestes par jour.
JOHAN ORDONEZ / AFP Les Pygoscelis antarcticus, ou manchots à jugulaire, comme ceux photographiés ici en novembre 2019 font plus de 10 000 siestes par jour.

ANIMAUX - Une découverte étonnante. Certains animaux ont un rythme de sommeil bien différent de celui des humains. C’est le cas du grizzli, qui peut dormir jusqu’à 213 jours en période d’hibernation, mais aussi d’une espèce de manchot appelé les Pygoscelis antarcticus.

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Selon une étude publiée le 29 novembre dans la revue Science, les manchots à jugulaire font plus de 10.000 micro-siestes de quatre secondes en moyenne par jour. Cela leur permet de cumuler plus de 11 heures de sommeil quotidien et de recharger leurs batteries en restant en alerte tout au long de la journée.

L’équipe de chercheurs, emmenée par Paul-Antoine Libourel du Centre de recherche en neurosciences de Lyon, a implanté des électrodes sur 14 manchots d’une colonie de l’île du Roi-George en décembre 2019. Ils ont ainsi pu enregistrer l’activité électrique dans leur cerveau et les muscles de leur cou. Des accéléromètres et des GPS ont été également été utilisés pour enregistrer leurs mouvements et leur localisation. Le tout combiné à des observations directes et des enregistrements vidéo.

Les micro-siestes, un mécanisme de survie

Les auteurs de ces travaux avancent l’hypothèse que ces micro-siestes fréquentes sont un mécanisme de survie pour les manchots à jugulaire qui vivent dans un environnement hostile.

En effet ils font face à de nombreux prédateurs dont ils doivent se protéger. Ils doivent également surveiller leurs œufs, surtout en période de nidification. Les chercheurs ont ainsi constaté que, mâles et femelles se relayaient pour partir à la recherche de nourriture tandis que leur partenaire protégeait les œufs.

Par ailleurs, l’étude démontre aussi que les bénéfices du sommeil peuvent se cumuler même s’il est fragmenté, contrairement à la croyance jusqu’ici. Du moins chez certaines espèces.

Les chercheurs n’ont pas directement mesuré si ces micro-siestes permettaient effectivement aux manchots de se reposer, mais puisque ceux-ci arrivaient à se reproduire, ils en ont déduit que c’était bien le cas.

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