Erdogan refuse de retirer les soldats turcs du nord de l'Irak

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exclu jeudi de retirer ses soldats du territoire irakien et annoncé la tenue le 21 décembre d'une réunion tripartite entre représentants turcs, américains et Kurdes irakiens. /Photo prise le 30 novembre 2015/REUTERS/Christian Hartmann

ANKARA (Reuters) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exclu jeudi de retirer ses soldats du territoire irakien et annoncé la tenue le 21 décembre d'une réunion tripartite entre représentants turcs, américains et Kurdes irakiens. "Il est hors de question pour le moment que la Turquie retire ses soldats d'Irak", a dit le président turc lors d'une conférence de presse, soulignant que ces troupes étaient sur place non pour participer aux combats mais pour former les peshmergas, les combattants kurdes qui affrontent dans la région les djihadistes de l'Etat islamique (EI). "Le nombre de nos soldats (dans le nord de l'Irak) pourrait augmenter ou baisser en fonction du nombre de peshmergas qui auront été entraînés", a-t-il ajouté. Mercredi, Erdogan avait affirmé que des soldats turcs étaient déployés depuis 2014 sur la base militaire de Bachika, dans le nord de l'Irak, à la demande même du Premier ministre irakien Haïdar al Abadi. Le ministère irakien des Affaires étrangères a convoqué samedi l'ambassadeur turc pour exiger le retrait immédiat des centaines de soldats déployés notamment à proximité de la ville de Mossoul, contrôlée par l'EI. Le ministère irakien a affirmé que les forces turques avaient pénétré dans le pays sans en avertir le gouvernement de Bagdad et que l'Irak considérait cette présence comme un "acte d'hostilité". Le vice-président américain Joe Biden s'est entretenu au téléphone jeudi avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu de la lutte contre l'EI et des tensions actuelles entre Bagdad et Ankara, a annoncé la Maison blanche. Les deux dirigeants "ont parlé des événements en cours en Irak, soulignant l'importance de désamorcer les tensions récentes entre la Turquie et le gouvernement irakien, de façon à respecter la souveraineté de l'Irak et à coordonner pleinement avec la coalition (internationale) les efforts menés contre l'EI", a ajouté la présidence américaine. Lors de cette conversation, a fait savoir pour sa part Ankara, Ahmet Davutoglu a souligné que son pays respectait la souveraineté irakienne et se tenait aux côtés des Irakiens dans la lutte contre l'EI. Une lettre en ce sens a été envoyée au Premier ministre irakien, ajoutent les autorités turques. (Jonny Hogg et Yesim Dikmen, Guy Kerivel pour le service français)