Erdogan exclut d'extrader le correspondant de Die Welt

Un manifestant exige la libération de Deniz Yucel à Hambourg. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exclu vendredi d'expulser vers l'Allemagne le journaliste Deniz Yucel, doté de la double nationalité germano-turque, répétant qu'il était un "agent terroriste". /Photo prise le 7 mars 2017/REUTERS/Fabian Bimmer

ANKARA (Reuters) - Le président turc Recep Tayyip Erdogan a exclu vendredi d'expulser vers l'Allemagne le journaliste Deniz Yucel, doté de la double nationalité germano-turque, répétant qu'il était un "agent terroriste".

Le correspondant en Turquie du quotidien Die Welt a été arrêté il y a deux mois, il est accusé par Ankara d'être l'auteur de textes de propagande en soutien à une organisation terroriste et d'incitation à la violence. Deniz Yucel dément ces accusations.

Son arrestation fin février est l'un des facteurs à l'origine de la vive crise dans les relations entre Ankara et Berlin.

Le président Erdogan a déclaré vendredi que la chancelière allemande Angela Merkel avait demandé l'extradition du journaliste, mais qu'il avait refusé cette requête, précisant que ce dernier serait traduit en justice devant les tribunaux turcs, pour garantir un procès équitable.

Le dirigeant turc a ajouté que les liens de Yucel avec le groupe kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ne faisaient pas de doute. "Cette personne est un agent terroriste fini. Tous les journalistes ne sont pas irréprochables", a-t-il déclaré.

"Mais nous ferons le nécessaire, dans le cadre de la loi, contre ceux qui agissent comme des agents et menacent mon pays depuis Qandil", a-t-il ajouté en référence aux bases du PKK des monts Qandil, dans le nord de l'Irak.

Deniz Yucel a été arrêté après avoir écrit un article faisant mention de courriels du ministre de l'Energie turc, Berat Albayrak, piratés par un groupe militant de gauche. Le ministre est aussi le gendre d'Erdogan.

Depuis la tentative de putsch avorté de juillet, les autorités turques ont arrêté 40.000 personnes et suspendu 120.000 employés de la police, de l'armée, de la fonction publique et du secteur privé.

(Tuvan Gumrukcu; Julie Carriat pour le service français)

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