Entre Macron et Scholz, l’heure des bisous après les bisbilles

Entre Macron et Schloz, l’heure est aux bisous après les bisbilles (photo prise le 3 octobre 2022)
JOHN MACDOUGALL / AFP Entre Macron et Schloz, l’heure est aux bisous après les bisbilles (photo prise le 3 octobre 2022)

POLITIQUE - Un long dimanche de retrouvailles. Après des mois de flottement et de dissensions, Emmanuel Macron et Olaf Scholz sont mis au défi de relancer le tandem franco-allemand ce dimanche 22 janvier à Paris, pour le 60e anniversaire du Traité de réconciliation entre les deux pays.

La cérémonie, organisée à la Sorbonne, sera suivie d’un Conseil des ministres commun à l’Élysée, celui-là même qui avait été reporté fin octobre sur fond de désaccords bilatéraux. Trois mois plus tard, les deux dirigeants devraient donc signer une déclaration commune et livrer une batterie d’annonces que le palais présidentiel promet « concrètes. »

Le tout, en accordant les violons franco-allemands, sur une « vision commune des objectifs » à poursuivre à l’échelle européenne, en matière stratégique, économique et industrielle, selon les mots d’une conseillère du chef de l’État en marge de ce rendez-vous. Un ordre du jour ambitieux, donc. Et une occasion parfaite de mettre de côté les récentes bisbilles entre Paris et Berlin.

Objectif : Recoller les morceaux

Force est de constater qu’elles ont été, ou restent, nombreuses entre ces deux dirigeants au tempérament opposé. En réalité, les contentieux se sont accumulés depuis qu’Olaf Scholz a succédé à Angela Merkel en décembre 2021. Sur le prix du gaz, le nucléaire, le Système de combat aérien futur (SCAF) ou la défense antimissile. Concernant ce dernier point, Berlin promeut un projet de bouclier comprenant une composante israélienne auquel veulent se joindre 14 pays européens, alors que Paris préfère le système sur lequel il travaille avec l’Italie.

« On ne fait pas de mystère qu’on souhaite que l’Europe privilégie son autonomie stratégique et donc son autonomie aussi dans ses achats d’équipements avec une préférence européenne », a d’ailleurs glissé un conseiller élyséen devant la presse, quelques jours avant le grand raout, sans s’appesantir sur les dossiers épineux.

Plus diffus, un parfum d’incompréhension flotte entre l’Élysée et la chancellerie, chacun s’agaçant des initiatives prises par l’autre sans consultation préalable. Dernier incident en date, Emmanuel Macron a annoncé la livraison de chars de combat légers à l’Ukraine le 4 janvier, sans crier gare, conduisant Berlin et Washington à sortir du bois avec la même annonce le lendemain. Au point d’irriter Lars Klingbeil, le chef du parti social-démocrate (SPD) duquel est issu le chancelier.

« Pourquoi le président français s’est-il précipité ? », a ainsi réagi à l’AFP, celui pour qui le signal « aurait certainement été plus fort si les trois avaient fait leur annonce en même temps ». Comme si, à Paris, Stéphane Séjourné, le chef du parti présidentiel Renaissance, tançait des décisions récentes prises par le chancelier allemand.

Quelles annonces ?

Côté Français, on préfère plutôt minimiser ce début de brouille. Ou, en tout cas, ne pas dramatiser la crise au sein d’un couple si souvent vanté comme un modèle de réconciliation et d’impulsion pour la construction européenne depuis 60 ans. « On n’a jamais cessé de se parler, le dialogue n’a jamais été rompu entre nous, les contacts ont été extrêmement réguliers depuis octobre sur l’ensemble des sujets », souligne ainsi la présidence, en justifiant le report de cet automne par des enjeux logistiques plus que politiques.

Dans ce contexte, l’Élysée voit plutôt ce délai de quelques semaines comme une chance de proposer « la meilleure impulsion possible » sur les nombreux sujets chauds européens. La France espère notamment rallier l’Allemagne à sa proposition de réponse commune au plan massif d’investissements américain en matière d’énergies renouvelables (IRA). « Il nous semble qu’il y a de l’espace pour une approche convergente, y compris sur le financement », a d’ailleurs pris soin de souligner le palais présidentiel alors que Berlin est souvent vu comme le premier frein à cette riposte. Et ce n’est pas tout.

La jeunesse, qui fut l’un des moteurs de la réconciliation avec de nombreux échanges via l’Office franco-allemand de la jeunesse (Ofaj), sera aussi au cœur de cette journée de célébrations. Un billet de train destiné à favoriser les voyages des jeunes entre les deux pays devrait notamment être lancé, selon les rares confidences de l’Élysée avant les cérémonies.

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