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Entre Dati et le LFI Saintoul, des questions sur Bolloré déclenchent des échanges tendus à l’Assemblée

POLITIQUE - « Ce n’est pas digne d’un député. » Le ton est rapidement monté, ce jeudi 21 mars, à l’Assemblée nationale. Auditionnée par la commission d’enquête portant sur le renouvellement des fréquences de la TNT, Rachida Dati s’est emportée contre une série de questions de l’élu insoumis Aurélien Saintoul.

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Rapporteur de ce cénacle spécial, le député des Hauts-de-Seine a enchaîné les flèches contre la ministre de la Culture, posant, parfois, des questions - et des relances - sans rapports apparents avec l’objet de la commission. À la question de savoir si elle a « eu connaissance de la rencontre entre Emmanuel Macron et Vincent Bolloré en septembre dernier » et si ce conciliabule a « un lien » avec sa nomination rue de Valois, Rachida Dati s’est arrêtée.

« Ça devient très personnel », a-t-elle soufflé, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête de l’article, avant d’ajouter : « je prends aussi à témoin les députés. Je veux bien mais vous allez trop loin monsieur le rapporteur, je vous le dis. Ce sont des questions qui soupçonnent des choses. »

« Vous mettez en cause ma légitimité ? Ma capacité ? Ma compétence ? »

« J’ai le droit d’être absolument pas contente de ce type de question. Le soupçon n’est pas acceptable », a-t-elle encore tempêté, avant d’ajouter : « Je suis une responsable politique engagée politiquement. J’ai fait mes preuves. Politiquement, j’ai une légitimité. Vous mettez en cause ma légitimité ? Ma capacité ? Ma compétence ? Je serais l’objet d’un contrat entre deux hommes pour que je puisse exercer une fonction ? »

Avant cette diatribe, Aurélien Saintoul avait tour à tour interrogé Rachida Dati sur ses ambitions comme ministre de la Culture pour la TNT, ses différences de vues avec sa prédécesseure Rima Abdul Malak, ses échanges potentiels avec Vincent Bolloré, le leader du groupe Vivendi - et de Canal+, ou sa « croisade anti-woke. »

« La croisade, les attaques, les collusions ou autres… Je ne suis pas là pour répondre à ça parce que c’est du soupçon », avait déjà répliqué l’ancienne ministre de la Justice sous Nicolas Sarkozy, manifestement agacée par les questions du député insoumis.

Pour clore cette séquence tendue, le président de la commission d’enquête, le macroniste Quentin Bataillon, a coupé la parole au rapporteur, pour la donner aux autres membres de l’instance. L’audition s’est ensuite poursuivie dans le calme.

Avant Rachida Dati, les députés ont déjà auditionné Vincent Bolloré, Pascal Praud, Cyril Hanouna ou Sonia Mabrouk. Ils s’apprêtent désormais à entendre le présentateur de « Quotidien », Yann Barthès… La bête noire médiatique des élus d’extrême droite. Pour de nouvelles escarmouches ?

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