Les enseignants hongrois défient le gouvernement Orban

Heti Világgazdaság

Hausse des salaires, restauration du droit de grève plein et liberté pédagogique. Tels étaient les mots d’ordre de la journée de mobilisation du mercredi 5 octobre, durant laquelle des milliers d’enseignants, d’élèves et de parents ont manifesté à Budapest. Plusieurs grandes villes de province comme Szeged, Pecs et Veszprem accueillaient aussi des rassemblements.

Au lendemain de cette protestation, l’hebdomadaire HVG consacre sa une à cette grogne contre la situation du système éducatif hongrois, dénonçant l’ambition du gouvernement Orban de faire taire les professeurs. Sur la couverture, une enseignante refuse de courber l’échine, à l’inverse de ses collègues, malgré le ciseau qui menace de lui couper la tête. Les anses orange de l’objet rappellent la couleur du parti Fidesz, au pouvoir depuis douze ans. “Tu veux sortir du lot ?” dit le titre.

Comme quatre de ses collègues du lycée Kolcsey de Budapest, la professeure de français Katalin Torley vient d’être renvoyée après vingt-trois ans dans l’établissement, à cause de plusieurs débrayages. Selon l’enseignante, interrogée par le magazine, l’exécutif “intimide les professeurs qui expriment activement leur insatisfaction”. La “rétorsion pourrait se retourner contre le pouvoir”, car le “système scolaire est en train de s’effondrer”.

“Pas des partenaires, mais des serviteurs”

HVG résume les racines de la colère enseignante : “Les réformes mises en œuvre depuis 2010 – étatisation des écoles, système de rectorats, limitation du choix des manuels, cours obligatoires de religion ou morale, nouveau socle commun d’apprentissage – montrent que le cabinet Orban considère l’éducation comme l’un des principaux terrains de son combat idéologique. Dans cet esprit, le pouvoir n’attend pas des enseignants qu’ils soient des partenaires, mais des serviteurs.”

L’exécutif “augmente les militaires, policiers, gardes-frontières et d’autres métiers, mais la revalorisation promise aux professeurs n’a pas été concrétisée”, poursuit le magazine.

Selon un récent rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) cité par l’hebdomadaire, la Hongrie est celui “des pays membres de l’organisation qui alloue le pire budget à l’éducation, devant la Grèce”, et la rémunération des enseignants hongrois “est l’une des plus faibles, quels que soit leur expérience et leur niveau d’affectation”. Parmi la tranche des 25-64 ans, le salaire moyen des enseignants magyars de lycée calculé en parité de pouvoir d’achat “atteint à peine le tiers de celui de leurs collègues autrichiens, les deux tiers de celui des slovènes et les quatre cinquièmes de celui des tchèques”, déplore HVG.

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