Les enfants nés en 2020 vivront bien plus de catastrophes naturelles que leurs grands-parents

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Inondations à Brooklyn, au passage des restes de l'ouragan Ida, le 2 septembre 2021 à New York - Ed JONES © 2019 AFP
Inondations à Brooklyn, au passage des restes de l'ouragan Ida, le 2 septembre 2021 à New York - Ed JONES © 2019 AFP

Deux fois plus d'incendies de forêt, sept fois plus de canicules, trois fois plus d'inondations... Les enfants nés en 2020 vivront bien plus de catastrophes naturelles que leurs grands-parents, montre une étude publiée dans la revue Science ce dimanche, dont les grandes lignes ont été dévoilées par The Independent.

Les chercheurs, près d'une quarantaine, ont estimé l'exposition à vie à six catastrophes naturelles – sécheresses, canicules, mauvaises récoltes, inondations fluviales, cyclones tropicaux et incendies de forêt – pour chaque génération née entre 1960 et 2020. Et leurs résultats montrent que la crise climatique affecte la probabilité et la gravité de nombreux événements météorologiques extrêmes.

"Une sévère menace à la sécurité des jeunes générations"

En plus des canicules, des incendies et des inondations, un enfant né en 2020 subira aussi 2,6 fois plus de sécheresse et près de trois fois plus d'inondations et de mauvaises récoltes. Les chercheurs expliquent que leurs résultats "mettent en lumière une sévère menace à la sécurité des jeunes générations et appellent à une baisse drastique des émissions polluantes afin de protéger leur futur".

"Nous constatons également que les personnes qui ont moins de 40 ans aujourd'hui vivront une vie sans précédent en termes d'exposition aux vagues de chaleur, aux sécheresses, aux mauvaises récoltes et aux inondations des rivières, même dans le cadre des politiques climatiques les plus ambitieuses", explique l'auteur principal de l'étude, Wim Thiery, à The Independent.

Des inégalités selon les pays

Les résultats montrent que cet écart est plus important pour les jeunes qui vivent dans des pays en voie de développement. Par exemple, un enfant né en Afrique subsaharienne en 2020 sera confronté à environ 50 fois plus de vagues de chaleur qu'une personne vivant dans un monde sans crise climatique.

"Les enfants vivant dans des pays à faible ou moyen revenus sont parmi les plus vulnérables quant aux risques climatiques", abonde Wim Thiery auprès du journal britannique.

Leurs résultats montrent cependant que cet écart intergénérationnel pourrait être grandement réduit si les pays prenaient suffisamment de mesures afin de rester en dessous de +1,5°C.

Une hausse de 1,5°C dès 2030

Un objectif chimérique quand on se base sur le dernier rapport du Giec publié début août. Le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat y considérait que certains impacts étaient déjà "irréversibles", comme la hausse du niveau de la mer qui continuera pendant "des siècles, voire des millénaires".

Encore plus alarmant, le réchauffement de la planète devrait atteindre +1,5°C par rapport à l'ère pré-industrielle dès 2030, dix ans plus tôt que ce qui était redouté par les précédentes estimations.

Il s'agissait de l'"avertissement le plus sévère jamais lancé" sur le rôle du comportement humain dans le réchauffement de la planète, selon le président de la COP 26 Alok Sharma. Reste à savoir si les coups de semonce des chercheurs seront suivis d'effets.

Article original publié sur BFMTV.com

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