Une employée de GRDF menacée de licenciement pour avoir tenté de fournir des masques à une collègue

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Licenciée pour avoir voulu fournir une boîte de masques à une collègue ? (Photo : Dean Mouhtaropoulos/Getty Images)
Licenciée pour avoir voulu fournir une boîte de masques à une collègue ? (Photo : Dean Mouhtaropoulos/Getty Images)

Accusée d’avoir voulu vendre des masques sur son lieu de travail, Emmanuelle fait l’objet d’une procédure de licenciement de la part de son employeur, GRDF, dont le verdict devrait être annoncé ce mercredi.

Licenciée pour avoir voulu faire preuve de solidarité ? À en croire l’intéressée et ses soutiens, voilà la menace qui pèse sur Emmanuelle, conseillère clientèle l'accueil téléphonique de GRDF à Brétigny-sur-Orge (Essonne). Depuis le mois de mars, la jeune femme est dans le collimateur de son employeur, qui l’accuse d’avoir voulu faire commerce de masques sur son lieu de travail.

À l’origine de la discorde, un simple échange avec une collègue, il y a plus de six mois, au moment où la pandémie de Covid-19 est devenue une réalité en France. “On était au début du mois de mars et je discutais avec ma copine, elle était inquiète pour elle et sa maman parce qu' elle n'arrivait pas à trouver de masques”, explique Emmanuelle dans les colonnes du Parisien.

Un coup de pouce pour une collègue à risque

Considérant la collègue en question, âgée d’une soixantaine d’années et souffrant de problèmes respiratoires, ainsi que sa mère comme des personnes à risque, Emmanuelle se met en tête de les aider. Elle reconnaît ainsi avoir “demandé à (s)a cousine, qui exerce le métier de manucure et qui avait des masques pour travailler, de (la) dépanner avec l'une des trois boîtes à 25 euros qu'elle avait en sa possession”.

Emmanuelle amène ensuite les masques sur son lieu de travail, dans l’intention de les transmettre à sa collègue. “Le jour où j'ai voulu lui donner ces masques, elle n'était pas là, indique cependant Emmanuelle. Alors je lui ai envoyé un mail pour lui dire que je les avais laissés au bureau.” La collègue n’aura cependant pas l’occasion d’en bénéficier, car les masques sont immédiatement confisqués par son supérieur hiérarchique.

“Il n'y a eu aucun échange de masques, aucun échange d'argent”

Plus de six mois plus tard, les masques en question, de type FFP2, n’ont toujours pas été utilisés, et Emmanuelle se trouve dans l’oeil du cyclone, avec cette procédure disciplinaire en cours, dont le verdict devrait être rendu ce mercredi à 15h. Si la société de distribution de gaz s’est pour l’heure refusé à tout commentaire, elle assure que la décision finale sera prise “sur la base d'éléments objectifs”.

C’est justement ce point que contestent les soutiens syndicaux de la conseillère clientèle : “On reproche à Emmanuelle non pas une vente, mais une tentative de vente de masques, par le biais de la messagerie de l'entreprise, rappelle un membre de CGT Energie, qui souligne qu’il n’y a eu aucun échange de masque ni d’argent.

“Je suis terrorisée de ce qu'il va m'arriver si je suis virée”

Selon ce même syndicaliste, les faits reprochés à Emmanuelle sont par ailleurs tolérés pour d’autres salariés plus haut placés dans la hiérarchie. “Nous avons découvert qu'un employé a utilisé l'intranet de l'entreprise pour vendre sa moto personnelle, sans que personne ne vienne lui reprocher de manquement au règlement intérieur ou à la charte éthique de la société”, explique-t-il dans les colonnes du quotidien francilien.

Dans l’attente du verdict de la procédure disciplinaire, et malgré le soutien de nombre de ses collègues (une pétition demandant son maintien a réuni plus de 1200 signatures), Emmanuelle balance pour sa part entre incrédulité et anxiété. “J'ai un loyer à payer, des crédits en cours et je suis terrorisée de ce qu'il va m'arriver si je suis virée. J'ai regardé les offres d'emplois, personne n'embauche en ce moment”.