"Emmerder" les non-vaccinés: la majorité divisée sur les propos d'Emmanuel Macron

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Le président français Emmanuel Macron lors d'une cérémonie en mémoire des harkis, au palais de l'Elysée, le 20 septembre 2021 - GONZALO FUENTES © 2019 AFP
Le président français Emmanuel Macron lors d'une cérémonie en mémoire des harkis, au palais de l'Elysée, le 20 septembre 2021 - GONZALO FUENTES © 2019 AFP

Cliver les Français, entre vaccinés et non-vaccinés, et sa majorité. L'entretien d'Emmanuel Macron aux lecteurs du Parisien est diversement apprécié sur les bancs de la République en marche à moins de 100 jours du premier tour.

Officiellement, les marcheurs partagent le diagnostic présidentiel présenté dans les colonnes du quotidien. "Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder", explique ainsi le président avant de juger qu'un "irresponsable n'est plus un citoyen".

"Correspondre à ce que pense profondément une partie des Français"

Jean Castex a été le premier à monter au créneau pour défendre ces paroles et éteindre l'incendie. Et pour cause. La teneur des propos a mis en émoi l'hémicycle, en pleine discussion autour du projet de loi sur le pass vaccinal. Déjà suspendus dans la nuit de lundi à mardi, les travaux ont été à nouveau arrêtés.

Pour calmer le jeu, le chef du gouvernement se fend d'un long message auprès des députés. Cette "interview du chef de l'État correspond (...) à ce que pense profondément une partie des Français", écrit ainsi le locataire de Matignon d'après une information de BFMTV.

Même son de cloche du côté du député LaREM, Gaël Le Bohec. "Être citoyen, c'est avoir des droits mais aussi un esprit civique. Ne pas se faire vacciner, c'est prendre le risque d'encombrer les services de réanimation et d'une certaine façon se mettre en dehors de la vie citoyenne. Et je vous garantis que ce qu'il dit, c'est ce que pensent l'immense majorité des gens que je rencontre", avance également l'élu auprès de BFMTV.com.

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"Les emmerder à notre tour"

Près de 6 Français sur 10 se disent d'ailleurs favorables à la vaccination obligatoire d'après un sondage Elabe pour BFMTV et L'Express.

L'ancien conseiller politique d'Emmanuel Macron à l'Elysée, Stéphane Séjourné, se veut lui encore plus clair.

"Ceux qui emmerdent les Français en faisant déprogrammer des interventions, (...) ce sont les #antivax. Donc oui, il faut les emmerder à notre tour. Point", assume sur Twitter le président du groupe LaREM au Parlement européen.

Certains, à demi-mot, regrettent pourtant la méthode qui pointe du doigt les 5 millions de Français non-vaccinés.

"Je peux comprendre que certains soient surpris", concède ainsi Gaël Le Bohec. "Je n'aurais pas dit cette phrase-là", a avancé de son côté Philippe Jolivet, député de l'Indre sur France Bleu. "La formule est fleurie", lâche même Sacha Houlié, député de la Vienn, auprès de BFMTV.com.

"On ne peut pas débattre sereinement"

La sortie d'Emmanuel Macron est jugée d'autant plus étonnante que le 15 décembre dernier lors d'un entretien-fleuve sur TF1, le président avait esquissé son mea culpa sur certaines expressions qu'il a pu avoir. "Je pense que dans certains de mes propos, j'ai blessé des gens et je pense qu'on peut bouger les choses sans blesser des gens et c'est ça que je ne referai plus parce que, au moment où je l'ai fait, je n'ai pas mesuré que je blessais", avait-il ainsi assuré.

D'autres regrettent le tempo et appellent au calme alors que le gouvernement espère toujours pouvoir déployer le pass vaccinal d'ici le 15 janvier prochain.

"Les débats dans l'hémicycle commençaient à reprendre sereinement après les incidents de la nuit précédente. Et pam, on voit les propos d'Emmanuel Macron arriver sur nos téléphones... On ne peut pas débattre correctement de cette façon", juge ainsi une députée de la majorité auprès de BFMTV.com. 876450610001_6290064841001

Des propos très différents des vœux du 31 décembre

Sur le fond, l'initiative laisse aussi un goût amer à certains, à l'instar d'Hugues Renson. "Une nation unie suppose un peuple rassembléé", tweete ainsi le vice-président de l'Assemblée nationale.

"C'est difficile de comprendre ses propos. Lors de ses vœux le 31 décembre, il a demandé aux Français de rester unis, bienveillants, solidaires et en a appelé aux non-vaccinés. Ce changement de ton est incompréhensible à six jours d'écart", regrette encore un sénateur.

A en croire une partie des députés, Emmanuel Macron a pris son risque en toute connaissance de cause. "Il cherche à montrer que les Républicains ne savent pas vraiment sur quel pied danser pour montrer que les gens sérieux, qui savent gérer une pandémie, c'est nous", décrypte Sacha Houlié.

Le calcul semble pour l'instant efficace. Le président récolte 26% des intentions de vote au premier tour d'après un sondage Elabe pour BFMTV et L'Express.

Article original publié sur BFMTV.com

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