Emmanuel Macron renonce à supprimer l'ENA mais veut en faciliter l'accès

Agathe Lambret et Jeanne Bulant
·3 min de lecture

Info BFMTV - Emmanuel Macron doit annoncer jeudi à Nantes que l'ENA ne sera finalement pas supprimée, mais que son accès va être modifié.

L'École Nationale d'Administration (ENA) ne devrait finalement pas disparaître de si tôt. Selon nos informations, Emmanuel Macron, qui s'était dit favorable à la suppression de cette grande école après la crise des gilets jaunes, préfère finalement en réformer l'accès plutôt que de la supprimer, a appris BFMTV ce mardi soir.

Lors d'un déplacement à l'Institut régional d'administration (IRA) de Nantes prévu ce jeudi, le chef de l'État doit ainsi annoncer une modification du processus d'accès à l'ENA: à partir de 2021, des places seront "réservées" aux candidats issus de milieux modestes.

L'ouverture de nouvelles places en "classe prépa"

Cette mesure ne devrait pas concerner que l'ENA mais être appliquée aussi dans d'autres écoles de la haute fonction publique, telles que l'Institut national des fonctionnaires territoriaux (INET), ou encore l'École des hautes études en santé publique.

Afin d'ouvrir l'accès aux grandes écoles, Emmanuel Macron va annoncer un millier de nouvelles places de classe préparatoire supplémentaires, dites "classes prépas talents", pour les élèves boursiers. À ce jour, 700 places sont réservées aux boursiers adossées à l’IRA ou autres écoles de services publics. Or le nombre de places adossées à des facs devrait passer à 1700 à partir de 2021.

Par ailleurs, la scolarité des élèves concernés devrait être financée à hauteur de 4000 euros au lieu de 2000 euros actuellement. Alors qu'aujourd’hui, "il n’y a pas beaucoup de prépas, et un phénomène d’autocensure hors les milieux d'initiés, l'idée est d'aller là où se trouvent les jeunes", précise l'exécutif.

Des places réservées au sein des grandes écoles

À la sortie de ces classe prépas "talents", ces élèves auront des places réservées dans les écoles concernées. Et selon nos informations, l'idée est que cette part soit significative, et soit de l'ordre de 15% de l'ensemble des élèves admis. Toutefois, ces élèves passeront le même concours que le reste des candidats.

Dans un second temps, l'exécutif envisage de modifier le modèle des concours pour tous, en supprimant les épreuves qui pourraient se révèler discriminantes, sur le modèle de Sciences Po qui avait supprimé en 2019 son épreuve de culture générale.

Au sommet de l'État, on se félicite de cette réforme. "Si on ne veut pas tomber dans le travers de la discrimination positive, il faut que les élèves qui sortent de l'école ne soient pas étiquetés, et qu’ils ne soient pas vus toute leur vie l’étudiant de telle bourse", défendent toutefois certains au sein de la majorité.

"Certes on ne supprime pas l'ENA, mais à terme cela n'aura plus rien à voir avec l'ENA", déplorent d'autres membres de la majorité. "Il y a dix ans on aurait hurlé à la discrimination positive".

Le fait qu'Emmanuel Macron renonce à supprimer l'école fait même grincer des dents au sein l'aile gauche de la majorité. "La vraie réforme de la fonction publique passe par la suppression de ces écoles qui forment des moules", déplore par exemple un député. Et d'ajouter: "Le vrai courage serait de changer cela."

Article original publié sur BFMTV.com

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