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Emmanuel Macron propose "l'autonomie à la Corse" et son "entrée" dans la Constitution

Un discours qui devrait faire date. Présent sur l'île de Beauté pour la première fois depuis 2020, Emmanuel Macron a proposé ce jeudi devant l'Assemblée de Corse, qu'"une nouvelle étape soit franchie" avec "l'entrée de la Corse" dans la Constitution française".

Le chef de l'État a défendu "l'audace de bâtir une autonomie à la corse dans la République", en appelant à "une nouvelle étape institutionnelle" pour "changer profondément la relation entre l'État et la Corse".

Vers "un service public de l'enseignement" du corse

De quoi satisfaire les nationalistes, désormais à la tête des collectivités territoriales de l'île depuis 2018. En avril 2022, en pleine campagne présidentielle, Gérald Darmanin s'était engagé à discuter de l'avenir de l'île, "jusqu'à une potentielle autonomie". Autant dire que le discours du chef de l'État était très attendu.

De quoi faire descendre la pression après de nombreuses échauffourées sur le territoire corse, liées aux obsèques d'Yvan Colonna, mort d'une agression en prison. Ce militant indépendantiste avait été condamné pour l'assassinat du préfet Érignac en 1998.

Autre annonce saluée par les nationalistes: "un service public de l'enseignement en faveur du bilinguisme" avec le français et la langue corse qui "doit être placée au cœur de la vie".

Une autonomie "ni contre l'État ni sans l'État"

Charge désormais aux élus locaux de "bâtir un accord" dans les six mois avec le gouvernement sur "un texte constitutionnel et organique" modifiant le statut de la Corse.

"Il n'y a pas de ligne rouge, il y a un idéal de la République", a conclu le président, pour qui l'autonomie ne doit "être ni contre l'État ni sans l'État".

Emmanuel Macron pourra-t-il réussir le pari qu'il a lancé devant l'Assemblée de Corse, très chaleureusement applaudi à la fin de son discours?

Un vote par les sénateurs et les députés très compliqué

Rien n'est moins sûr. Après l'accord - très probable - auquel devraient aboutir les discussions entre l'exécutif et les élus corses, il faudra au texte passer sous les fourches caudines de l'Assemblée nationale et du Sénat réunis en Congrès.

Toute modification constitutionnelle, ni elle ne passe pas par le référendum, doit obtenir 3/5ème des voix du Congrès. L'affaire s'annonce à très haut risque, entre une majorité relative à l'Assemblée nationale et un Sénat de droite farouchement opposée à l'autonomie de la Corse.

Article original publié sur BFMTV.com