Présidentielle américaine : pourquoi Biden est-il surnommé "Joe la gaffe" ?

Maxime Poul
·4 min de lecture
Connu pour son expérience et ses postes à haute-responsabilité, Joe Biden l'est également pour ses nombreuses maladresses.
Connu pour son expérience et ses postes à haute-responsabilité, Joe Biden l'est également pour ses nombreuses maladresses.

Tout juste élu président des États-Unis, Joe Biden est connu pour avoir été le vice-président de Barack Obama mais également pour ses nombreuses boulettes qui ont même donné naissance à un terme : le “bidenism”.

Après un duel très serré avec Donald Trump, Joe Biden est finalement devenu le 46e président des États-Unis. Âgé de 77 ans, le candidat démocrate devient donc le président le plus âgé de l’histoire du pays de l’Oncle Sam. Pourtant âgé lui-même de 74 ans, Donald Trump n’a pas hésité à remettre en question à plusieurs reprises la santé physique et mentale de son adversaire.

Nombreux sont les observateurs à avoir remis en cause son état de santé en évoquant même la maladie d’Alzheimer, notamment après que le président a commis une boulette le 3 novembre dernier. Le jour de l’élection présidentielle, à Philadelphie (Pennsylvanie), le septuagénaire a présenté à la foule son fils Beau, décédé il y a 5 ans, et a confondu deux de ses petites-filles. Sénile ou non, une chose est sûre, c’est que même plus jeune Biden était un habitué des sorties maladroites qui ont donné naissance à un terme : le “bidenism”.

En 2009, Slate décrivait les “bidenisms” comme des termes maladroits, inappropriés ou les deux. Ils peuvent être interprétés comme insultants, ou le sont délibérément et sont souvent “suivis d’une plaisanterie autodestructrice, destinée à apaiser toute personne offensée”. En voici quelques exemples.

Obama et les Afro-américains souvent visés

S’il a été le vice-président de Barack Obama entre 2009 et 2017, Joe Biden a multiplié les maladresses au sujet de son président. En 2007, lors de la course à l’investiture démocrate, il avait déclaré que Barack Obama était “le premier Afro-Américain consensuel qui s’exprime bien, qui soit brillant, propre sur lui et beau garçon”. Pour tenter de se rattraper, il avait concédé qu’il n’aurait pas dû utiliser le terme “propre” mais plutôt “frais”.

En août 2012, devant une foule composée majoritairement d’Afro-américains, il avait déclaré que les propositions économiques du candidat républicain Mitt Romney revenaient à “remettre les chaînes au pieds” des Américains. Une expression qui avait fait polémique. La même année, il avait affirmé au sujet d’Obama : “Je vous le promets, le président a un gros bâton”. Obama s’était d’ailleurs demandé “combien de temps Biden va-t-il dire des choses stupides.”

Effrayé par les grosses charges de travail ?

Toujours lors de cette année 2012 riche en maladresses, Joe Biden fait une autre confession embarrassante. Il avoue pourquoi il n’a jamais voulu être maire : “Parce que c’est un vrai job. Il faut bosser. C’est pour ça que je suis resté trente-six ans sénateur.” Une déclaration qui peut faire tiquer quand on sait le boulot qui attend de le nouveau président de 77 ans.

Déjà en 2006, quand des journalistes lui avaient demandé s’il désirait devenir président des États-Unis, il s’était fendu d’une réponse surprenante qui avait au moins le mérite d’être claire : “Je préfèrerais être à la maison en train de faire l’amour à ma femme, pendant que mes enfants dorment”.

À la fin de la campagne d’Obama, en 2008, il avait vanté le qualités d’Hillary Clinton d’une drôle de manière, en concédant qu’elle aurait dû être vice-présidente. “Laissez moi vous dire quelque chose : Hillary Clinton est aussi qualifiée que moi, si ce n’est plus, pour être vice-présidente. Elle l’est même pour être présidente des États-Unis. Franchement, je l’aurais choisi plutôt que moi.”

“Lève-toi, Chuck”

En septembre 2008, lors d’un meeting en compagnie du Sénateur de l’État du Missouri Chuck Graham, Biden avait dans un élan de folie conseillé au Sénateur de se lever face à la foule. Seul problème, Chuck Graham est en chaise roulante depuis son adolescence en raison d’un accident de la route. “Lève-toi Chuck, laisse-les te voir”, avant de se rattraper comme il peut : “Oups, que dis-je ?! Que tout le monde se lève pour Chuck !”

Maladresse durant une pandémie

En 2009, alors que la grippe porcine vient tout juste d’être détectée au Mexique, le vice-président déconseille à ses concitoyens de prendre l’avion ainsi les transports en commun. “Ce n’est pas le fait d’aller au Mexique, c’est le fait d'être confiné dans un avion. Si quelqu’un éternue, cela se propage dans tout l’appareil [...] S’ils ont un autre moyen de transport, je ne conseille pas aux gens de prendre le métro”. Des propos alarmistes qui sont allés bien plus loin que ceux des autorités sanitaires américaines, qui avaient dû faire une mise au point suite à ces propos. Reste désormais à voir si le président élu saura gérer la pandémie de Covid-19 sans gaffer.