Australie: La coalition au pouvoir sur le point d'être reconduite

par Jonathan Barrett
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AUSTRALIE: LA COALITION AU POUVOIR SUR LE POINT D'ÊTRE RECONDUITE

Les partisans du du Parti travailliste à Melbourne. La coalition de centre droit au pouvoir en Australie est en tête des élections législatives de ce samedi, après dépouillement d'un peu plus de la moitié des bulletins, alors que les sondages annonçaient une victoire de l'opposition travailliste. /Photo prise le 18 mai 2019/REUTERS/AAP Image/David Crosling

par Jonathan Barrett

SYDNEY (Reuters) - La coalition de centre droit au pouvoir en Australie est en tête des élections législatives de ce samedi, après dépouillement d'un peu plus de la moitié des bulletins, alors que les sondages annonçaient une victoire de l'opposition travailliste.

Les partis représentés dans le gouvernement dont Scott Morrison a pris la tête en 2013 a obtenu ou est en passe d'obtenir 72 sièges, soit quatre de moins que la majorité absolue, mais plusieurs peuvent encore basculer, selon la commission électorale.

"Pour le moment, il semble que le gouvernement Morrison soit sur le point d'être reconduit. Nous ignorons seulement dans quelles conditions", a déclaré le politologue Antony Green, de l'Australian Broadcasting Association.

"Pour être tout à fait honnête avec vous, je pensais venir à une veillée funèbre, mais c'est une fête. Les résultats sont encourageants", s'est félicité un militant libéral, interrogé à l'hôtel Wentworth de Sydney, où se déroule la soirée électorale de la coalition au pouvoir.

Scott Morrison et ses alliés ont mieux résisté que prévu dans les zones péri-urbaines comparables à celles de la Rust Belt américaine, frappée par la désindustrialisation.

La déception était perceptible samedi soir à Melbourne, le fief de Bill Shorten, chef de file du Parti travailliste, alors que la victoire annoncée s'éloignait.

"Bien qu'il reste encore des millions de votes à dépouiller et des sièges importants à attribuer, je ne veux pas entretenir de faux espoirs: il est évident que les travaillistes ne seront pas en mesure de former le prochain gouvernement", a-t-il reconnu.


PEUR DU CHANGEMENT

"Je pense que les gens ont eu peur après une campagne très négative", a commenté une militante. "Ils ont réussi à convaincre les gens qu'ils devraient avoir peur du changement."

Un sondage Newspoll réalisé cette semaine pour The Weekend Australian créditait le Parti travailliste de 51,5% des intentions de vote et la coalition nationale-libérale, de 48,5%.

Le Labour promettait notamment d'augmenter les investissements dans les domaines de la santé et de l'éducation, et d'allouer davantage de moyens à la lutte contre le réchaufement climatique.

Selon les chiffres de la commission électorale, libéraux et travaillistes ont tous deux perdu des voix au profit de United Australia, le mouvement populiste de Clive Palmer.

Au niveau local, l'attention médiatique était focalisée sur la circonscription du Queensland où le libéral Peter Dutton, ardent défenseur la politique très controversée consistant à placer les demandeurs d'asile dans des centres de détention offshore, est parvenu à conserver son siège.

L’ancien Premier ministre conservateur Tony Abbott a en revanche été battu à Warringah, près de Sydney, par la candidate sans étiquette Zali Steggall.

Les Australiens votaient également samedi pour renouveler 40 des 76 sièges du Sénat.



(Melanie Burton, Tom Westbrook et John Mair avec Swati Pandey; Arthur Connan, Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief pour le service français)