"Des efforts justes": l'exécutif veut convaincre du volet social de sa réforme des retraites

(G à D): les ministres Gérald Darmanin, Elisabeth Borne, Sebastien Lecornu, Olivier Dussopt et d'autres membres du gouvernement se dirigent vers l'Elysée pour le premier conseil des ministres de l'année, le 4 janvier 2023 - GONZALO FUENTES © 2019 AFP
(G à D): les ministres Gérald Darmanin, Elisabeth Borne, Sebastien Lecornu, Olivier Dussopt et d'autres membres du gouvernement se dirigent vers l'Elysée pour le premier conseil des ministres de l'année, le 4 janvier 2023 - GONZALO FUENTES © 2019 AFP

Alors qu'un report de 62 à 64 ans de l'âge légal de départ reste l'hypothèse privilégiée par l'exécutif, il ne faut "pas rester bêta-bloqué sur l'âge" mais trouver "les moyens pour apporter plus d'accompagnement social, plus de pensions", a affirmé la ministre délégué aux PME Olivia Grégoire.

François Bayrou, patron du MoDem, allié de la majorité, considère même qu'il "faudra des signes" du gouvernement pour que cette réforme soit "ressentie comme juste", et glisse qu'une "très légère augmentation" des cotisations patronales pourrait aussi "contribuer puissamment" à combler le déficit du système.
Sacha Houlié, président Renaissance de la commission des Lois de l'Assemblée, a confirmé lundi la piste d'un report de l'âge de départ porté progressivement à 64 ans, avec une accélération de la réforme Touraine sans toucher aux 43 années de cotisations.

"Des efforts justes"

La Première ministre Elisabeth Borne doit présenter sa réforme mardi à 17H30, après les questions au gouvernement. "On sait que cette réforme, elle va demander des efforts" avec la mesure d'âge, mais "l'enjeu" c'est "de s'assurer que ces efforts soient justes", a encore plaidé Sacha Houlié.

Il ne "reste pas beaucoup de choix" autre que l'âge légal, a-t-il justifié "à partir du moment où vous ne voulez pas baisser les pensions", et "où vous ne voulez pas augmenter les cotisations, quand bien même on pourrait discuter du montant".

"Fracassé"

Plusieurs salariés exerçant un métier pénible, interrogés par l'AFP, s'inquiètent d'arriver déjà usés à leur retraite.
Khemissa Khemissi, 52 ans, ouvrière dans un abattoir à Fleury-les-Aubrais, témoigne d'un "travail difficile car on est toute la journée debout dans le froid, avec parfois des journées de dix heures".

Roselyne Lecellier, 59 ans, aide-soignante au CHU de Nice dit que "faire 12 heures d'affilée, travailler les nuits et les weekends, ça vous fout en l'air au niveau santé".

"Un suivi médical renforcé" pour les métiers difficiles

Sur la pénibilité, le ministre du Travail Olivier Dussopt assure avoir "répondu" aux syndicats réformistes avec "un suivi médical renforcé" pour les "risques ergonomiques".
Pour l'emploi des seniors, très bas en France, le gouvernement devrait mettre en place un index, avec obligation de négocier un accord en cas d'absence de communication sur cet outil. Le gouvernement serait par ailleurs prêt à relever, lors du débat parlementaire, le minimum retraite à 1200 euros pour l'ensemble des retraités et pas seulement pour les nouveaux entrants.

Une date de mobilisation connue mardi soir

Mais pour le patron de la CGT, Philippe Martinez, avec cette réforme, "on revient à ce qu'ont connu nos anciens, c'est-à-dire qu'après le travail c'est le cimetière", alors qu'un quart des hommes les plus pauvres selon l'Insee sont déjà morts à 62 ans.

"La mesure d'âge est la plus dure de ces 30 dernières années", dénonce comme lui pour la CFDT Laurent Berger.

Elle "va toucher ces travailleurs que l'on avait qualifiés pendant le Covid de deuxième ligne, soit les travailleurs du maintien à domicile, de l'agroalimentaire, du bâtiment, de la livraison, du commerce", avance encore le syndicaliste. L'ensemble des syndicats se réunissent mardi soir pour annoncer une date de mobilisation.

Article original publié sur BFMTV.com