Édouard Philippe crée son parti et pense très fort à 2027

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L'ancien Premier ministre lance son propre mouvement le 9 octobre avec un objectif: faire élire des députés sous ses couleurs lors des prochaines législatives. Avec en ligne de mire l'après-Macron.

Edouard Philippe a mis les petits plats dans les grands pour le lancement de son parti. Mails en pagaille, cartons d'invitation, allers-retours entre Paris et Le Havre ces dernières semaines pour convaincre des députés autour d'une balade sur les quais de Seine... 

Le dispositif a eu un certain succès. 3.500 personnes se seraient inscrites pour participer à ce week-end qui aura lieu évidemment dans la ville que dirige l'ancien Premier ministre.

Diagnostic du pays et logo

"Il y aura une réunion ce vendredi après-midi autour de la République des maires, le mouvement de Christophe Béchu, le maire d'Angers. Puis nous aurons le soir un dîner autour d'Edouard Philippe et le lendemain, il fera le discours officiel de lancement du parti", a détaillé auprès de BFMTV.com Karl Olive, le maire de Poissy (Yvelines).

Sa prise de parole devrait lui permettre d'établir un diagnostic de la situation française à 7 mois de la présidentielle et d'expliquer plus largement sa démarche. À la tribune, l'ex-locataire de Matignon dévoilera également le logo et le nom de son mouvement.  

"Une mauvaise manière"

L'initiative, un temps regardée avec une relative bienveillance par la République en marche, est aujourd'hui scrutée avec méfiance. L'interview de l'ancien chef du gouvernement dans Challenges au début du mois d'octobre, dans laquelle il critique ouvertement la gestion de la dette française ou le report probable de la réforme des retraites, a marqué les esprits. "Une très mauvaise manière faite à Macron", a même estimé un proche de l'Élysée auprès de BFMTV.com la semaine dernière.

L'initiative avait d'autant plus surpris que quelques jours auparavant, l'élu local assurait le président de "sa loyauté" et de son "soutien complet" sur TF1.

Y aller ou pas

Dès lors, la question des personnalités politiques à envoyer sur place a fait débat dans la majorité. 

"On est tous bien embêtés. On s'est demandé s'il fallait lui envoyer des seconds couteaux quitte à le vexer et le fâcher, ce qui peut être dangereux ou, au contraire s'il fallait faire venir des poids lourds. Ce serait une façon de lui montrer qu'on a confiance. Mais on ne veut pas non plus donner des idées à certains députés", explique à BFMTV.com un député de l'aile gauche.

Après une réunion entre le MoDem et LaREM cette semaine, les trois patrons des groupes de la majorité à l'Assemblée feront finalement le déplacement. Aux côtés de Christophe Castaner (LaREM), Patrick Mignola (MoDem) et Olivier Becht (Agir), une trentaine de députés devraient également répondre présents.

Marie Guévenoux et Aurore Bergé, toutes deux issus des LR, se rendront au Havre par exemple mais aussi Cendra Motin, Thomas Mesnier ou Naïma Moutchou, qui n'appartiennent pas à l'aile droite de la majorité.

Demander 80 circonscriptions gagnables

La liste des parlementaires qui auront passé le week-end au Havre sera d'ailleurs scrutée en haut lieu. "Ce n'est pas vraiment dans l'intérêt des députés d'y aller. Quand ils sont sortants, ils sont favoris pour être reconduits", estime un cadre du parti

Comprendre: pas besoin de montrer des signes de loyauté à l'ancien patron de Matignon pour espérer pouvoir être à nouveau candidat aux législatives. À voir. 

"C'est sûr qu'il va y avoir des combats en interne. Si Philippe veut des dizaines de députés anciennement LR sous une étiquette majorité présidentielle, certains LaREM vont bien devoir céder leur place", juge un député pourtant proche de l'ex-chef du gouvernement auprès de BFMTV.com

La Dépêche du Midi explique que l'édile envisagerait d'ailleurs de demander 80 circonscriptions là où les sortants macronistes ne sont pas les mieux placés.

Continuer les signes à la droite

"Notre but est de fédérer la diaspora des maires qui ne se retrouvent aujourd'hui ni dans LaREM ni dans Agir. Notre but n'est pas du tout de concurrencer qui que ce soit", répondait Arnaud Péricard, le maire de Saint-Germain-en-Laye, auprès de BFMTV.com au début du mois d'octobre.

Certains glissent aussi que le lancement de ce nouveau parti pourrait bien arranger les affaires d'Emmanuel Macron, en lui permettant de continuer ses clins d'œil à la droite. "Cela sert à montrer que le dépassement continue. Edouard Philippe permet de faire exister un certain nombre de débats, comme sur la dette", estime-t-on dans l'entourage du chef de l'État. 

S'inspirer de Jacques Chirac

Avoir son propre parti qui vise large pour ensuite présenter des candidats aux législatives et constituer un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale, couplé à un vivier d'élus locaux puissants... 

Autant d'éléments qui permettraient d'avoir une assise solide pour préparer 2027 avec une stratégie claire, directement inspirée de celle de Jacques Chirac. En 1976, le futur président quitte Matignon et crée le RPR quelques mois plus tard.

Deux ans après sa création, le parti de droite devenait en 1978 le 2ème groupe au Palais Bourbon. De quoi donner des forces à Edouard Philippe en attendant la présidentielle de 2027. Sans Emmanuel Macron dans le paysage cette fois-ci.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Edouard Philippe "pris d'une peur panique" avant son entrée à Matignon, il avait pris 6 kilos

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