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Eco-anxiété : quand les maux de la planète font souffrir

De la colère, de la tristesse, de la culpabilité… Les éco-anxieux éprouvent une multitude d'émotions. Ils sont plus lucides que malades, estiment psychologues et psychiatres, mais leur souffrance est réelle. Combien sont-ils ? Comment les soulager ? La recherche médicale apporte les premières réponses.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°913, daté mars 2023.

Le changement climatique inquiète, effraie, désespère. "Quelques semaines après la publication d'un nouveau rapport du Giec ou après l'organisation d'une COP, la souffrance des éco-anxieux a tendance à être plus aiguë, au point que certains viennent consulter ", avertit le Pr Antoine Pelissolo, psychiatre et auteur des "Émotions du dérèglement climatique" (Flammarion, 2021).

En janvier, patrons de multinationales, grands banquiers et autres puissants responsables politiques du monde entier, réunis au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, ont classé la crise du coût de la vie à la première place de leurs préoccupations, reléguant au second plan les conséquences du réchauffement climatique. De quoi redoubler l'éco-anxiété des personnes de plus en plus nombreuses qui déplorent l'inertie de la société ?

Ce phénomène nouveau intéresse les scientifiques. Comme le mentionne le Dr Claire Galais, auteure en 2021 d'une thèse sur le sujet, "le nombre d'articles publiés sur ces sujets dans des revues scientifiques a triplé entre 2007 et 2017 " et l'intérêt ne cesse de grandir depuis. Même si les données sont encore parcellaires, une très large étude publiée en 2021 dans The Lancet Planetary Health, qui s'appuyait sur un sondage réalisé auprès de 10.000 jeunes issus de dix pays, a révélé que 59 % des sondés se disaient "très " ou "extrêmement inquiets " du changement climatique. Plus frappant encore : 45 % ont déclaré que leur éco-anxiété affectait négativement leur vie quotidienne. Quant à savoir combien souffrent d'une éco-anxiété pathologique, "certaines études atteignent des taux de 10 % ", lâche Tobias Brosch, directeur du groupe de recherche en psychologie du développement durable à l'Université de Genève (Suisse).

Aucun milieu social ne serait protégé

Le phénomène serait donc massif, et contrairement à une idée reçue, "les éco-anxieux n'ont pas forcément d'antécédents d'anx[...]

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