Pour Dussopt, Hidalgo "confond les services municipaux avec une annexe du Parti socialiste"

Le ministre du Travail Olivier Dussopt ce vendredi 27 janvier sur BFMTV et RMC face à Philippe Corbé. - BFMTV
Le ministre du Travail Olivier Dussopt ce vendredi 27 janvier sur BFMTV et RMC face à Philippe Corbé. - BFMTV

"Un vrai problème moral ou politique". Invité de BFMTV-RMC, Olivier Dussopt dénonce la fermeture à venir de certaines mairies lors de la seconde mobilisation intersyndicale contre la réforme des retraites, mardi 31 janvier. Parmi elles, celle de Paris, qui gardera porte close "en solidarité avec le mouvement social", a annoncé Anne Hidalgo, maire socialiste de la capitale.

"Engagement politique"

"J'ai un peu le sentiment qu'[elle] confond les services municipaux avec une annexe du Parti socialiste", cingle en retour le ministre du Travail sur notre antenne. Celui qui est lui-même issu du parti au poing et à la rose développe:

"Ça me pose un problème [...] dans la mesure où je considère que, parmi les Parisiens, toutes celles et ceux qui sont favorables à la réforme ou n'y sont pas opposés, vont être privés de l'accès à des services publics auxquels ils ont le droit, du fait de l'engagement politique de la maire de Paris".

Lors de la première mobilisation intersyndicale, jeudi dernier, des mairies avaient annoncé leur fermeture afin de permettre aux agents municipaux de battre le pavé. Mardi, certaines, comme celle de Faches-Tumesnil (Nord), iront même jusqu'à ne pas décompter les heures de grèves de leurs employés. Une façon de leur éviter de perdre une part de leur salaire.

"Neutralité"

"C'est une vraie question politique en terme neutralité et de respect des convictions des citoyens, des administrés", insiste Olivier Dussopt sur BFMTV-RMC. Cette action reste cependant légale selon le constitutionnaliste Didier Maus, interrogé sur BFMTV.

"Que l'on interrompe le fonctionnement de certains services non-urgents pendant une journée ne me paraît pas poser de problème", dit-il, tout en précisant néanmoins que la mairie est obligée d'assurer "l'état-civil" et des "services d'urgence". Exemple: "le relogement de personnes en cas d'incendie". De son côté, la mairie de Paris a annoncé qu'un service minimum serait assuré.

Marie-Claire Carrère Gée, conseillère d'opposition à Paris, juge au contraire que la décision de la maire de Paris est "illégale à double titre". D'abord, "parce qu'elle bafoue les principes essentiels du service public, la neutralité, la continuité et son accessibilité aux citoyens", selon l'élue Les Républicains, interrogée par BFMTV. Ensuite, "il s'agit d'une pression d'un employeur sur ses salariés", souligne-t-elle.

Mardi, Fabien Roussel avait appelé les "maires à être solidaires et à fermer symboliquement leur mairie". "Je les appelle à mettre des banderoles sur les frontons de leur mairie contre le projet de retraites de Monsieur Macron. Je les appelle à permettre à leurs agents de manifester sans perte de leur salaire" avait détaillé le secrétaire national du Parti communiste français.

Article original publié sur BFMTV.com