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Dupond-Moretti relaxé : le ministre de la Justice comparé à Virenque et son fameux « à l’insu de son plein gré »

Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, a été comparé à l’ancien cycliste français Richard Virenque après le verdict de la CJR.
LUDOVIC MARIN / AFP Éric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, a été comparé à l’ancien cycliste français Richard Virenque après le verdict de la CJR.

JUSTICE - De Richard Virenque au garde des Sceaux. Relaxé ce mercredi 29 novembre lors de son procès devant la Cour de Justice de la République (CJR), le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti échappe finalement à la prison avec sursis pour prise illégale d’intérêts.

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Lors de l’audience, le président Dominique Pauthe avait rappelé que le garde des Sceaux, « en ordonnant » en tant que ministre des enquêtes administratives contre quatre magistrats « qu’il avait publiquement critiqués » quand il était encore avocat, s’était bien trouvé dans une « situation objective de conflit d’intérêts ».

Mais si la CJR a finalement considéré que « l’élément matériel » de la prise illégale d’intérêts était bien constitué, elle a estimé que ce n’était pas le cas de « l’élément intentionnel ». Ce qui a poussé la juridiction française à le déclarer non-coupable. Un détail qui a provoqué des réactions amusées, mais surtout très ironiques, compte tenu du statut d’Éric Dupond-Moretti, passé de grand avocat médiatique à ministre de la Justice.

Professeur émérite à l’École de Droit de la Sorbonne Paris 1, Dominique Rousseau s’est lui aussi interrogé sur la logique de cette décision. « Si je comprends bien la CJR, le ministre de la Justice a commis l’infraction de prise illégale d’intérêts à l’insu de son plein gré ? », a-t-il écrit sur X (anciennement Twitter).

« À l’insu de son plein gré »

En évoquant une prise illégale d’intérêt non intentionelle de la part du ministre de la Justice, la décision de la CJR a également poussé plusieurs personnalités politiques et médiatiques à comparer le ministre à l’ancien cycliste français Richard Virenque.

Il faut dire que le sportif français a longtemps été moqué en raison de sa communication désastreuse autour de l’affaire Festina en 1998, où il avait été accusé de dopage. Cette communication maladroite de l’ancien grimpeur s’était finalement retournée contre lui et l’émission des Guignols de l’info s’en était donné à cœur joie en lui prêtant l’expression : « À l’insu de mon plein gré ». Un non-sens humoristique que le sportif français n’avait en réalité jamais prononcé en ces termes.

Ce mercredi, cette petite phrase est donc revenue avec force pour moquer Éric Dupond-Moretti. Le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi ou le député européen Gilbert Collard ont notamment usé de cette expression pour illustrer l’aspect antinomique de la décision de la CJR.

« Virenque dopé à ’l’insu de son plein gré’ dépassé !’ », a ainsi ironisé Gilbert Collard. Tandis que Fabrice Arfi s’est contenté de glisser un hashtag #Virenque pour y faire référence.

« Le délit est matériellement constitué mais le ministre n’avait pas l’intention de le commettre. Heureusement qu’on ne parle pas de l’un des meilleurs avocats de sa génération ni du ministère de la justice », a également écrit le journaliste dans son tweet.

Sur X, d’autres utilisateurs ont également glissé une référence au sportif français.

Par ailleurs, le groupe parlementaire de la France Insoumise a partagé un communiqué pour demander la suppression de la CJR, institution d’exception compétente pour juger crimes et délits commis par des membres du gouvernement.

« Il est plus que temps de supprimer cette juridiction d’entre soi », s’est permis d’ajouter Andrée Taurinya, députée LFI. Ce que dénonce également Fabrice Arfi sur X, qui a tenu à rappeler que ce tribunal était « très majoritairement composé… de politique » et « que la majorité présidentielle voulait supprimer en 2019 tant il incarne l’entre-soi », dans un projet de loi constitutionnel pour le « renouveau de la vie démocratique ».

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