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Un dopage aux excréments? La transplantation de matière fécale permettrait d'améliorer les performances sportives

C'est une vidéo de Global Cycling Network qui met la lumière sur ce risque. Selon des recherches menées ces dernières années à l'université d'Harvard et le Jackson Laboratory de Farmington (États-Unis), les transplantations fécales peuvent améliorer les performances sportives. Ce qui pose la question de leur autorisation dans le cadre des politiques de lutte contre le dopage.

La transplantation de microbiote fécal est habituellement utilisée pour traiter les infections multirécidivantes à clostridium difficile (inflammation du côlon). Elle consiste à introduire des bactéries saines, fournies par un donneur, dans un intestin malade. L'administration peut être faite par voie orale avec des gélules, mais aussi à l'aide d'une sonde par le haut ou par coloscopie. En principe, le protocole est strict et étroitement encadré par des professionnels de santé. La principale difficulté réside dans la recherche d'un donneur sain.

Pas sur la liste interdite

Les conclusions sur les performances sportives proviennent d'analyses sur les coureurs du marathon de Boston, mais aussi sur des coureurs cyclistes de haut niveau. Les études ont aussi porté sur des souris, pour lesquelles l'endurance sur des tapis de course a significativement augmenté après inoculation d'une souche particulière de bactérie saine.

La transplantation fécale n'est, à l'heure actuelle, pas considérée comme du dopage. Pour inscrire une substance ou une méthode sur la "liste des interdictions" de l'Agence mondiale antidopage, il faut deux des trois critères suivants: elle a le potentiel d'améliorer ou d'accroître la performance sportive, elle représente un risque réel ou potentiel pour la santé des athlètes et/ou elle est contraire à l'esprit du sport.

Article original publié sur RMC Sport